11 mars 2017

#février

Ma création pour le défi #jecoudsmagarderobecapsule2017 de février: un jean (ou des jeans, on peut dire les deux, même si au bout du compte on a bel et bien un seul vêtement). Je sais, ma publication est en mars, mais le jean était prêt le 28 février comme en font foi les photos sur IG. J'ai tardé à publier, parce que nous étions déconnectés du monde, en vacances dans une tente à -17°C (la bonne excuse :))

Pourquoi le jean, ou en fait, pourquoi pas? D'abord, le jean comme vêtement est ma bête noire depuis toujours. Il y avait un magasin, à Orléans, à l'entrée de la Place d'Arc (j'ai oublié son nom, si quelqu'un peut me rafraichir la mémoire...) dans lequel on ne vendait que des jeans. Il y en avait pour tous les gouts, toutes les coupes, toutes les couleurs, toutes les marques. Sans compter la diversité des tailles parce que telle marque est américaine, telle autre est expagnole, etc. Il fallait vraiment en essayer beaucoup avant de tomber sur le bon. Et je n'aime pas les cabines d'essayage (voir mon billet sur le maillot de bain pour rappel). Mon rêve était d'avoir un Levi's, j'avais mis tous les sous nécessaires de côté pour enfin avoir un 501. Mais, à l'essayage, misère! Quelle horreur, cette coupe ne convenait pas du tout à ma morphologie (pendant qu'elle allait si bien à celle de mes copines). Depuis, quand j'ai à acheter un jean, c'est un peu la panique, je repousse l'idée, jusqu'à ce que je n'en puisse plus de porter seulement des pantalons noirs. Mon dernier achat de jean date de 2011, et celui-ci a fini par trouer au genou, classique, en novembre 2016. Depuis, j'étais dans le déni. Non, je ne retournerai pas passer une heure ou plus dans des cabines d'essayage de plusieurs magasins, à finalement trouver le bon, mais, oups, il coute 250$, à en acheter un par dépit, finalement pas confortable après l'avoir porté deux heures. Donc l'idée m'est venue du jean comme couture, du jean sur-mesure, qui me ferait parfaitement, et juste à moi. Mon Levi's version Autant en emporte l'automne, non pas celui que tout le monde s'arracherait, mais celui qui serait MA seconde peau.

Est venu le moment du choix du patron. Je n'ai pas voulu trop me casser la tête, je possède le patron Jalie 2908 depuis deux ans, la pochette était encore intacte. Parenthèse sur le choix du patron. D'abord, peu de marques mettent dans leur gamme un patron de jean. Et c'est compréhensible, c'est un modèle long à coudre et plutôt technique, quand on pense à la braguette, à la ceinture et aux nombreuses surpiqures, sans compter que plusieurs machines à coudre ne sont pas assez robustes pour en coudre·. Les marques de patrons - on les comprend - veulent ratisser le plus large possible, elles feraient toutes faillite si elles vendaient uniquement des patrons de niveau intermédiaire-avancé! Le problème du patron Jalie, c'est la coupe de la jambe, qui est sérieusement démodée (mais cette coupe reviendra, patience, mon patron sera alors plus actuel que jamais), à la limite entre le bootcut et le patte d'éléphant. Il y avait bien Safran de Deer & Doe, dont la jambe est plus actuelle. Mais je suis complètement allergique à la taille haute sur un pantalon (que quelqu'un me réveille quand cette mode sera passée). Comme avec un patron ou l'autre, j'avais du travail de dessin à faire, je me suis dit que ce serait plus simple de redessiner la jambe du Jalie que de redessiner une taille basse à Safran. Il faut aussi dire que Jalie est une marque québécoise (achat local, on aime ça) qui existe depuis très longtemps et qui est reconnue pour ses patrons de grande qualité (explications, schémas, coupe). Ce sont des modèles très très de base pour la plupart, donc on peut s'amuser énormément avec la personnalisation. Et ce patron de jean a même reçu le prix du meilleur patron de pantalon en 2016 sur patternreview.com!

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Pour ce modèle, il est recommandé d'utiliser un denim ou un velours avec 20% d'élasticité. Qu'est-ce que j'en ai bavé pour trouver LE tissu pour ce projet! Des denims trop bleus (tu sais, le genre de bleu jean trop parfait, qui fait pas assez usé), des denims de la bonne couleur mais sans élasticité... J'ai fini par me rendre en ligne commander un denim Robert Kaufman parfaitement parfait, jusqu'à ce que je le mette dans mon panier et que je constate que mon jean allait presque me couter 100$ en tissu, patron, mercerie. Faut pas exagérer, il y a des limites à tout. Donc je me suis rendue dans le quartier montréalais soi disant nommé la cité de la mode (un quartier qui tarde à se revitaliser). Et après avoir arpenté plusieurs entrepôts de tissus (du choix, il n'en manque pas, mais il faut être patient et aimer fouiller), j'ai finalement trouvé mon bonheur chez Tonitex. Mon denim n'a que 10% d'élasticité, par contre. Ça a donc été un facteur important à considérer au moment du dessin de la jambe.

Je n'ai pas fait de toile, parce que je n'avais aucun tissu qui aurait pu s'approcher du tissu jean pour ce modèle. Mais, sans faire de toile, j'ai quand même procédé à des étapes qui s'apparentent à ça. Après avoir pris mes mensurations et identifié ma taille dans le tableau (taille U, c'est ce que j'aime chez Jalie, les tailles sont identifiées avec des lettres donc aucune chance de se complexer avec les tailles du commerce!!), j'ai recopié les pièces et je les ai superposées sur 3 paires de mes pantalons ayant une coupe et un tissu similaire. Ça m'a permis une première validation de la taille, certes aproximative, mais tout de même rassurante. J'ai ensuite entrepris de redessiner la jambe à partir du genou pour avoir une coupe droite. Je pensais au début faire une coupe regular de jeans. J'ai ensuite coupé mes pièces et commencé l'assemblage. On coud d'abord la fourche, puis les côtés. Après la couture de la fourche, j'ai voulu procéder à un premier essayage. J'ai épinglé les côtés non cousus. Quelle erreur! Je me suis littéralement arraché des bouts de peau de cuisse à l'essayage. Mais ça m'a permis de réaliser que j'allais trop vite et pas méthodiquement dans mon ajustement. J'ai donc bâti les côtés pour un essayage moins violent. J'ai constaté que la coupe droite de la jambe ne me plaisait pas tant que ça, que je préférais une coupe slim (cuisse moulante et mollet moulant, mais droit).  Ça m'a aussi permis de vérifier que, malgré le 10% d'élasticité, le jean s'enfilait très bien (c'était ma plus grande crainte, mais j'étais tombé sur le blog d'une couturière anglophone qui l'avait cousu avec succès dans un denim 0% d'élasticité). J'ai mis des marques un peu partout à la craie tailleur. Et je suis retournée bâtir à la machine. J'ai dû procéder à pas mal d'aller-retour machine-essayage-craie tailleur-fil de bâti. C'est pour ça que je considère avoir à peu près fait une toile, même si ce n'est pas la façon conventionnelle de procéder.

Le reste des étapes est allé comme sur des roulettes, hormis le fait que j'ai réussi à tordre et/ou casser 3 aiguilles jeans dans le processus de couture et de surpiqure de la ceinture et des passants (à certains endroits, ça représente 6 couches de denim...) Ma machine à coudre est assez robuste pour coudre ce genre de choses, ce sont donc les aiguilles qui ont souffert à sa place.

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Les + du patron: Absolument tous les détails qui font qu'un jean est un jean sont là. Il y a les surpiqures, les coutures couchées au bon endroit, la braguette. À mesure que je cousais, je comparais mon jean à un autre du commerce en réalisant à quel point le résultat en serait proche. Et il l'est! J'ai choisi carrément d'utiliser le point triple pour toutes les surpiqures, pour qu'elles soient bien apparentes. Et le résultat est bluffant.

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Les - du patron: On ne nous dit jamais quand finir les coutures. Mon expérience me permet de me passer de ce genre d'indication, mais, dans la précipitation, j'ai omis de faire une belle finition à mes poches devant :( J'ai trouvé un seul défaut au patron: la ceinture. Elle est coupée dans le biais, pour plus de confort, j'imagine. J'ai regardé sur mes jeans du commerce et ce n'est pas ce qu'on fait habituellement. Je trouve que ça enlève de la tenue à la ceinture et qu'elle aurait été de toute façon de la bonne longueur sans être coupée dans le biais.

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Vous remarquerez probablement que la braguette n'est pas parfaitement parfaite et qu'on aperçoit le petit curseur. C'est mon erreur, je m'en suis rendu compte trop tard, elle était déjà assemblée.

Bilan: je suis ravie-ravie de ce vêtement. Je trouve que, sur le plan de ma progression personnelle de couturière, cette couture m'a permis d'aller vraiment plus loin.  Les robes et les jupes, c'est bien, mais ça fait toujours travailler les mêmes parties de l'anatomie (buste et taille, parfois hanches). Ici, j'ai géré l'entrejambe, les cuisses et les mollets! Le denim est un tissu qui se travaille très bien (hormis sur les épaisseurs). Il ne bouge pas pendant la couture, donc si toutes les pièces  sont bien coupées au départ, elles s'emboitent à la perfection. Au total, mon jean sur-mesure m'aura couté 31$. J'ai mis 4 étoiles pour le confort, à cause de la ceinture qui se détend (donc port d'une ceinture quasi-obligatoire). Pour la portabilité, c'est 5/5, car quoi de plus portable qu'un jean bien taillé et dans les teintes foncés? Avec un t-shirt le weekend ou avec un chemisier et une veste au travail, c'est un morceua terriblement polyvalent.

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04 janvier 2017

Motivation extrinsèque

2016 est finie, c’est le temps du bilan créatif et, plus généralement, du bilan de ce blog.

9 billets de blog en 2016, 4 modèles féminins et 5 modèles enfants, c’est peu, j’ai déjà été plus productive. J’ai bien cousu d’autres modèles, mais je ne les ai pas présentés (une série de 1001 Perles de Ivanne. S et la robe Karri de Megan Nielsen, notamment). Je ne visite plus trop les blogs des autres, je comprends que le mien soit peu visité aussi, au moment de la publication des billets. Étrangement, mon blog reçoit encore beaucoup de visites, la plupart arrivant chez moi par Pinterest ou Google images. Quand je sais que mes tutos ont été épinglés des milliers de fois (pas trop fan des stats, mais celle-ci m’impressionne, parce qu’elle me dit que mon blog continue de vivre sans moi: Internet est décidément une drôle de bestiole sur laquelle on n’a pas le contrôle.)

Je salue chaleureusement toutes les personnes encore abonnées au blog, et tout particulièrement mes 22 nouveaux (nouvelles?) abonnés de 2016.

Comme j’aime peu Instagram comme médium pour présenter la couture, je tiens à faire vivre mon blog. Il demeure pour moi le meilleur moyen de garder une trace de ce que j’ai fait (motivation intrinsèque) et de rester en contact-couture avec une certaine communauté (motivation extrinsèque).

Ma motivation intrinsèque étant encore bien vivante, c’est la motivation extrinsèque qu’il me faut aller chercher. J’ai donc décidé de participer au défi lancé par Clotilde, consistant à coudre 12 patrons sur les 12 mois de 2017 (cliquer sur l’image ci-dessous pour le billet original de Clotilde). Pour moi qui n’ai quasiment jamais participé à un défi du temps où ça existait encore… quelle ironie!

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Pour réussir ce défi, il faut respecter les critères suivants:

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Clotilde mentionne quand même la possibilité d’une certaine souplesse, et c’est ce qui me décide à participer à ce projet. J’ai déjà décidé que je ne ferai que 10 morceaux et qu’il n’y aura donc pas de modèles présentés en juillet et en aout. J’ai trop d’engagements familiaux pour ces deux mois, ce ne serait pas raisonnable d’y ajouter de la couture.

Voilà en quelques phrases ma démarche de choix de modèles. J’ai choisi les modèles en fonction de mon degré de confiance par rapport au modèle à coudre: pas de grosse prise de risque, toutes les marques choisies sont des marques que je connais autant pour leur façon de tailler que pour la clarté des explications. Vous verrez qu’il n’y a pas vraiment de nouvelles marques dans mes choix. Je ne possède pas tous les patrons que je propose, il faudra que j’en achète 4 si je veux respecter mon tableau. Ça ne me dérange pas tant dans la mesure où je n’ai acheté qu’un nouveau patron en 2016. Pour ce qui est des tissus, je vais avoir à faire quelques achats. Je n’ai par exemple pas les tissus pour le manteau, la veste et pour le pantalon (jean stretch idéalement). Mais comme je ne stocke pas beaucoup de tissus, c’était attendu.

Voici donc ma liste de 10 patrons pour 10 mois de 2017:


JANVIER: un haut en jersey

patrons envisagés: Trop-top d’Ivanne.S, Plantain de Deer & Doe ou  le Sointu kimono tee de Named (affichés respectivement ci-dessous)

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FÉVRIER : un pantalon

patron envisagé: le 2908 de Jalie (avec modification de la jambe)


MARS: un manteau

patron envisagé: le B6423 de Lisette, pour Butterick


AVRIL: une chemise

patron envisagé: la chemise Granville de Sewaholic


MAI: une jupe

patrons envisagés: 1001 Perles d’Ivanne.S avec pose d’une fermeture éclair au lieu d’un élastique au dos, ou toute autre jupe du livre japonais Skirt à la carte.


JUIN: un short

patron envisagé: le souvenir shorts de Lisette, pour Simplicity (discontinué).


SEPTEMBRE: un haut chaine et trame

patrons envisagés: la blouse weekend getaway  ou la tunique gallery de Liesl and co.


OCTOBRE: une veste

patron envisagé: la Pavot de Deer and Doe.


NOVEMBRE: un vêtement de sport

patrons envisagés: la collection Vancouver de Sewaholic


DÉCEMBRE: une robe

patrons envisagés: je prendrai l’année pour choisir le modèle, je porte si peu de robes que je connais peu les patrons. Mais j’aimerais bien une robe en jersey noire, toute simple, qui peut s’accessoiriser facilement pour des looks très différents.


Pendant ce défi, je prendrai aussi en note autant que possible les couts engendrés par la production de cette garde-robe 2017, ainsi que la quantité de fois que j’ai le potentiel de porter chaque vêtement en fonction du contexte (travail, vacances, mou du weekend, sorties). Ça me permettra de voir combien d’argent j’ai dépensé en fonction de mes besoins. Pour tout dire, je ne suis même pas sure d’ajouter en temps normal 10 vêtements à ma garde-robe par année (j’exclus les chaussettes et les sous-vêtements, ainsi que les chaussures). Si je ne me trompe pas, j’ai acheté une blouse, une jupe-culotte et un chandail en 2016. Si j’ajoute les 6 coutures que j’ai faites en 2016, j’arrive à 9 nouveaux morceaux dans ma garde-robe en 2016.

Je dépense très peu en vêtements par année parce que je porte très longtemps mes vêtements, que ce soit ceux du prêt-à-porter ou ceux que je couds. Je fais attention à l’entretien, je fais sécher à l’air libre le plus souvent, je choisis aussi des marques un peu plus chères, mais qui utilisent des matériaux de plus grande qualité, et je répare les vêtements au moins une fois avant de m’en débarrasser pour de bon. J’avais lu que pour justifier son existence, un vêtement devait être porté au moins 40 fois (je ne me souviens plus du nombre exact, je l’avais lu dans La bible du shopping intelligent de Laurence Bareil).

Voilà! J’aurai certainement d’autres réflexions à partager ici, à mesure que le défi se déroulera. Merci de me soutenir et de me pousser dans le dos: vous êtes ma motivation extrinsèque!

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21 décembre 2016

voilà l’été, voilà l’été

Coudre du voile de coton, en plein mois de décembre, quelle idée lumineuse! Et la journée du solstice d’hiver, en plus! Certains partent en voyage sous le soleil, d’autres font de la luminothérapie pour contrer les effets des jours raccourcis… moi, j’ai cousu une blouse toute légère, en voile de coton, et très colorée.

Tout l’automne, je me suis habillée exclusivement de noir, de blanc et de gris. Oui, oui, c’est possible. Pourtant, je suis heureuse dans la vie, ça va bien. Mais je ne sais pas pourquoi, j’ai banni toutes couleurs ces 4 derniers mois. Quoi de mieux pour les réintégrer que cette tunique corail et blanc!

Il y a de cela fort fort longtemps, le 11 juin 2014, j’ai encore la facture (je la gardais pour écrire la référence du tissu sur le blog), j’ai acheté 1,75 m de voile de coton Free Spirit, par Valori Welsh. collection Wish voile, coloris passion. Acheté chez Effiloché au rayon des Liberty tana lawn (qualité très très équivalente à du vrai liberty et même légèrement mieux pour la petite brillance du fil).

Ce coupon  a failli vivre plusieurs vies entre 2014 et 2016: petit top à bretelles léger, robette de plage, blouses pour mes filles, j’en passe. Chaque fois que je le voyais, je défaillais et me disais qu’il était trop beau pour être coupé. Mais finalement, après deux ans de gestation, le voilà pour de bon incarné en tunique! Ma facture me dit qu’il m’avait couté 35 $ CA, ce coupon objet de mes envies. Un 35 $ bien investi, tant j’aime la jolie tunique que je vous présente ici.

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Très jolie tunique/liquette créée par Liesl Gibson pour sa marque Liesl and co.et portant le doux nom de Gallery tunic. Il s’agit d’un modèle relativement ample, sans pinces poitrine (sauf pour celles qui auraient plus qu’un bonnet B).

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Ce modèle ne présente pas vraiment de difficultés. Il faut simplement être soigneux aux trois étapes les plus délicates, à savoir:

1) la fente devant.

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Cette fente se monte un peu comme une patte polo, mais se superpose pour créer un pli devant. Ça crée un décolleté discret et sympathique.

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2 ) le col, qui a un  pied de col intégré, et dont les finitions à la main sont d’une propreté absolue.

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On aperçoit en plus le petit pli d’aisance au dos, toujours apprécié quand on porte du tissu chaine et trame.

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3) l’ourlet liquette, qui était un peu ma crainte (parce que c’est la seule technique que je n’avais jamais essayée – en fait, oui, je l’avais essayée, mais ça n’avait pas très bien rendu au bout du compte. Ici, je vois une nette amélioration dans l’arrondi, même si ça a pris du temps pour y arriver).

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Un joli modèle simple que je recommande à celles qui voudraient une tunique (on peut aussi le décliner en robe, mais c’est moins mon truc). Je réduirais (très) légèrement l’ampleur dans une version ultérieure pour mieux accompagner la taille. Mais c’est un modèle hyper confortable, qui redonne ses lettres de noblesse à la tunique, élément des garde-robes pas toujours facile à porter.

Je vous souhaite de bonnes vacances, si vous en avez, et de belles célébrations de fin d’année. En attendant, je file dormir ma nuit la plus longe de l’année.

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25 février 2016

douceur et féminité

C’est l’histoire d’une fille qui voulait se coudre une blouse Camas de Thread Theory. Il s’agit d’une jolie marque canadienne de patrons pour hommes. Je n’en suis pas encore cliente (pourtant, ils ont de beaux vêtements masculins et des mannequins pas mal du tout). Mais ça viendra surement. La créatrice de la marque avait dessiné ce modèle de blouse (qui n’est pas une bonne traduction, je trouve, mais je ne saurais lui donner un autre nom) lors de ses études à l’école de désign où elle a appris à concevoir des patrons. C’est le seul modèle femme de la marque. J’espère que d’autres sont à venir.

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J’ai profité du sewalong de la blouse de la fin janvier-début février pour me lancer dans la couture de ce modèle, dont je possédais le patron depuis quelques mois. C’était mon premier sewalong et je ne voyais pas très bien l’intérêt de la chose, mais j’en ai compris toute la pertinence en y participant. Outre le fait que c’est toujours bien de composer avec un échéancier, ça permet de se poser simultanément toutes les questions qui nous traversent l’esprit durant la confection ( choix du tissu, de la taille, les étapes plus compliquées à détailler) – et d’avoir la réponse sans tarder.

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Il est recommandé de coudre la blouse (au moins les manches) en jersey, car c’est un modèle ajusté. J’ai utilisé un jersey de coton/bambou très très doux, combiné à un petit reste de liberty fairford pour les épaules (qui peuvent être cousues dans n’importe quelle sorte de tissus).

Cette version se voulait une toile portable, dans la mesure où j’avais au départ bien envie de la tester dans un tissu chaine et trame plutôt que dans un tricot. Mais la créatrice prévient bien que ce choix peut être risqué, car le modèle est ajusté et on pourrait ressentir de l’inconfort aux bras notamment, dans la partie du biceps. Donc je me suis lancée dans un jersey pour ma première réalisation du modèle. Pas sure que je vais vouloir le faire en chaine et trame, finalement. Je suis attachée à mon confort.

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Pendant le sewalong, on nous expliquait comment modifier le modèle si on trouvait le décolleté trop plongeant. Je n’ai pas touché à l’encolure pour cette version et le plongeant du décolleté est conforme à ce que je m’autorise.

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J’aurais aimé avoir une meilleure vue du dos à vous montrer, mais, comme je suis mon propre photographe, c’est le mieux que j’ai pu obtenir. L’empiècement dos est aussi en liberty fairford. Le bas du dos est froncé, ce qui ajoute encore à l’aisance et à la féminité du modèle.

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Globalement, le modèle est facile à coudre si on a déjà l’habitude de coudre des mailles. Je trouve que les explications sont bien faites et claires. Mais quelqu’un qui n’a jamais cousu de maille sera peut-être déçu de ne pas trouver de recommandations pour la coudre (nulle mention de l’aiguille double pour l’ourlet, par exemple). Les finitions proposées sont propres, mais ça pourrait encore aller plus loin.

Les mensurations sont bonnes. J’ai pris exactement la taille que mes mensurations de poitrine donnaient et c’est ce qu’il fallait. J’aurais aimé avoir la mesure d’épaules, parce que c’est souvent là que les patrons me posent problème (mes épaules sont plus larges que la moyenne), mais il n’y avait pas d’indications à ce sujet dans le tableau du vêtement fini. Au bout du compte, je pense que les épaules sont plutôt bonnes pour ma carrure, mais j’ajouterais peut-être quelques millimètres pour une prochaine version.

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La patte de boutonnage est clairement la partie la plus technique du patron. Pleine de confiance, je me suis lancée à la coudre avec juste un épinglage, j’ai dû m’y reprendre en la bâtissant à la main pour éviter que le jersey ne tiraille de partout. Ça faisait longtemps que je n’avais pas bâti à la main. Pour celles qui se lanceraient dans ce modèle, sachez qu’on trouve un montage alternatif de la patte sur le site de la marque (dans le sewalong), si la technique proposée dans le patron est plus difficile.

Je n’ai pas fait de boutonnières et j’ai fermé la blouse en cousant directement les boutons. La blouse s’enfile très bien, comme un t-shirt. Je craignais de rater mes boutonnières, car la patte était très épaisse (deux épaisseurs + un entoilage).

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La touche mode: je trouve que ce haut se porte très bien, rentré dans un pantalon taille haute. C’est ainsi que je l’ai porté pour aller travailler l’autre jour (pantalon noir confectionné au Canada, de la marque Tristan. Je le mentionne parce que c’est assez rare d’avoir encore de la couture locale). C’est un look un peu rétro que j’aime bien.

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Sinon, je l’aime beaucoup flottant sur un jean slim. Dans les deux cas, ça donne un haut assez féminin et délicat, sans toutefois avoir la formalité du chemisier. Formalité que j’ai plus de mal à assumer, parce que je ne travaille pas dans un milieu avec un dress code.

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Question confort, c’est parfait. Je suis vraiment bien dedans, je l’ai déjà porté trois fois. Il est très bien accueilli dans ma garde-robe, car il va avec tout. Bref, un coup de cœur que je recommande! Il y a une version cardigan et une version robe cousus dans le cadre du sewalong qui me font les yeux doux.

 

 

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23 janvier 2016

le jour le plus long

Dans l’épisode précédent…

J’ai eu une année 2015 particulièrement chargée. Quatre billets de blogue à mon actif, mention «peut mieux faire». Non pas que je n’ai pas cousu, au contraire, mais l’organisation autour de la publication d’un billet était fastidieuse. J’ai préféré consacrer le peu de temps que j’avais à coudre, quitte à mettre de côté ce blog que j’aime pourtant beaucoup. Les réseaux sociaux m’ont permis de garder contact avec beaucoup d’entre vous, c’est si précieux, cette relation que nous avons bâtie il y plus de 5 ans!

Dans l’épisode d’aujourd’hui, on est en 2016, l’année s’annonce plus légère. J’étrenne le blog avec un projet boulet, bonne résolution de janvier que je viens de réussir à tenir. Je vous présente ma veste Eagle de Vanessa Pouzet.  Commencée en octobre 2014 et finie en janvier 2016. Ça se qualifie dans la catégorie «boulet»?

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Il faut que je vous parle de ce patron et de son exécution. Je fais cette démarche en toute honnêteté, pour donner mon ressenti. Je n’attaque personne, je ne vise personne. Je fais seulement mention de faits qui m’ont déplu. Je couds depuis 8 ans. J’ai cousu autant les patrons indépendants que les mainstream. Et jamais un patron ne m’a fait autant pester. En fait, «pester» n’est pas assez fort. Je pense que ce patron m’a mise en colère. Je me suis remise début janvier 2016 à la couture de ce modèle, parce que j’ai dépensé un beau 55$ en matériel (patron, tissus et mercerie) et qu’il était hors de question que je l’abandonne. Depuis, j’ai lu pas mal d’avis sur cette veste et je vois que je ne suis pas la seule à lui trouver des défauts.

Les explications sont hyper abrégées. Et là, j’ignore la motivation de la marque Vanessa Pouzet à ne pas les détailler: le patron est un PDF, ce n’est pas comme si ajouter une page aurait fait augmenter ses couts de productions. Je remercie infiniment Sandra et Clotilde pour leur Master Class Couture sans lequel je n’aurais pas fini cette veste. Et même si je salue leur initiative, je trouve un peu culoté que de tels tutos aient besoin d’exister, dans la mesure où ces deux couturières très compétentes font bénévolement le travail pour lequel la créatrice qui a vendu le patron a tiré tous les bénéfices financiers.

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Je vous donne des exemples de mon mécontentement en vrac. La veste est entièrement assemblée sur l’envers, doublure oblige. Mais jamais on ne nous dit d’ouvrir nos coutures au fer aux étapes 4, 5, 6, alors que ça garantirait une jolie finition Je l’ai fait spontanément parce que j’ai de bonnes habitudes de couture, mais je trouve que c’est léger pour un  patron.

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Autre exemple: la l0ngueur des manches. Il aurait été TRÈS apprécié d’avoir un rappel à ce sujet dans le patron. Il est indispensable d’effectuer un essai de la veste avant de coudre l’étape 8, au risque de vous retrouver avec des manches trop longues. Dans la mesure où la longueur des manches n’est même pas spécifiée dans le tableau des mensurations, quiconque n’essaiera pas sa veste avant de finir les manches pourra avoir une mauvaise surprise. Et aura à jouer du découd-vite si le cœur y est encore. Tapez «Veste Eagle Vanessa Pouzet» dans Google image et vous verrez que nombre de réalisations sont portée les manches trop longues et/ou retroussées parce qu’il n’y a pas d’avertissement à ce sujet.

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Dernier point, même s’il y en aurait d’autres. Le schéma en 4 est complètement incohérent avec les explications sous ce même schéma. Je ne sais pas si c’est ma variété de français qui est trop éloignée du français de l’auteur des consignes, mais « Repliez l’ourlet du dos sur le dessus. De façon à le remonter à la hauteur de l’ourlet du devant.», ce n’est pas une phrase, ça ne veut rien dire et ça ne correspond pas au schéma, puisqu’il est censé y avoir un pli. Mais nulle mention de ce pli.

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Maintenant: mon avis sur la réalisation de la veste elle-même. C’est un modèle FACILE à coudre. Oui, oui, un modèle sans grosse difficulté technique, vraiment. Pour ma part, même si le modèle se coud tout le long sur l’envers, je le retournais sur l’endroit à chaque étape pour m’assurer du rendu. Ça évite de découvrir une couture mal faite au moment du retournement final. Donc les consignes ont beau être très faibles, il n’en demeure pas moins que c’est un modèle plutôt simple.

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Le rendu me plait beaucoup. J’ai choisi la version longue (à porter avec des talons pour me grandir un peu). Sinon, ça fait robe de chambre. La coupe est bonne, le mouvement est joli. J’ai bien choisi mes tissus (Fabricville): pour l’extérieur c’est un genre de lainage un peu extensible, dans les tons brun-mauve; pour les épaules, un similicuir bleu jean; pour la doublure, une vraie doublure en satin de polyester couleur nacre.

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Pour une allure un peu western, à porter avec les bottillons les plus vieux du monde, ceux dont on ne peut pas se débarrasser même si on sait qu'ils ont un peu trop vécu.

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15 septembre 2015

en bonne et due forme

 

Un peu de couture qui sort du schéma habituel de ce blog, un billet un peu plus «technique», un peu moins léché, mais que je tiens à immortaliser parce qu’il est très cohérent dans mon parcours de couturière du dimanche.

 

J’ai la chance immense d’appartenir à l’équipe de testeuse d’Ivanne.S. C’est un vrai boulot – limite je le mettrais sur mon CV – à temps TRÈÈÈÈS partiel, certes, mais qui demande de la rigueur et de la concentration une fois la période de test entamée. Et donc quand Ivanne a lancé le test deTROP-TOP [femme] et surtout quand elle a mentionné la gradation en grande taille, la flamme couturesque  un peu en pilote automatique qui m’habite s’est ravivée considérablement.

Je fais une taille somme toute assez standard, quelque part entre le 38 et le 40, ça dépend des marques et je n’ai jamais eu de problème pour m’habiller dans le prêt-à-porter, ni pour trouver des patrons nécessitant peu d’ajustements (à part les tops japonais, j’y reviendrai). Mais je peux aussi aisément concevoir que les personnes s’habillant dans les grandes tailles, qui trouvent l’offre du prêt-à-porter limitée soit dans le style, soit dans le nombre de boutiques, puissent avoir envie de confectionner leur propre garde-robe. C’est en toute logique, donc, que j’ai proposé à Ivanne de coudre une taille plus pour le test. J’avais alors en tête une amie particulièrement jolie, qui sait se mettre en valeur et qui avait des mensurations de rêve, soit celles de la taille 52.

 

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Après la partie  «états d’âme de la fille qui coud depuis longtemps et qui se cherche des défis», j’ai demandé à Ivanne de m’imposer la version de son choix et c’est donc la version B avec dos boutonné et manches longues sur laquelle j’ai dû plancher. Je me suis déplacée avec mon ruban à mesurer et ma fiche mensurations chez mon amie. Puis je suis rentrée chez moi et je me suis attelée à l’épineuse question du choix de taille et des ajustements. À vrai dire, mon mannequin étant une vraie de vraie humaine, il m’a fallu procéder à quelques ajustements du patron d’une part avec un compromis de taille et d’autre part un agrandissement de la largeur de manche (imposant du même coup un agrandissement du buste devant). J’ai fini avec un ajustement de la longueur de manche. Tout est indiqué dans le patron, c'est hyper simple, il suffit de se laisser guider. Une fois ce travail réalisé en amont, je pouvais m’atteler à la réalisation de mon modèle. Vous pouvez le voir ici cousu.

 

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Je vous mentionnais plus haut les patrons japonais. J’en parlais surtout parce qu’ils ont été mon premier contact avec la couture femme et ils m’ont déçue comme pas possible. Ce n’est pas de leur faute, non, mais c’est de la faute de ma première expérience de la couture, celle destinée aux enfants. Je n’ai pas souvent du tout connu de la déception avec la couture enfantine parce qu’on ne s’attend pas à voir les enfants dans des tenues ajustées: il n’y a pas de pinces, la ligne de taille est à peine définie avant l’âge de 6 ans, les enfants n’ont pas vraiment de hanches… Le pire qui peut arriver avec un mauvais choix de taille dans la couture enfant, c’est que le vêtement soit trop petit ou trop grand. Et s’il est trop grand, pas grave, il le mettra l’an prochain (et s’il est trop petit, c’est le moment de songer à lui faire un petit frère ou une petite sœur). Donc quand j’ai embarqué dans la couture adulte, en plus de ne rien comprendre au japonais (les livres n’étaient pas traduits à l’époque), je n’avais pas idée qu’il fallait procéder à des ajustements pour ma morphologie. Et comme je suis loin d’être une Japonaise, plusieurs projets ont été cousus… et jamais portés.

 

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Tout ça pour dire que je comprends désormais la nécessité de passer du temps sur la planche patron avant de se lancer. Ça évite les déceptions et on se sent un peu plus comme le tailleur italien, ruban autour du cou, qu’on engage pour un costume sur-mesure. Car après tout, à quoi servirait de savoir coudre si ce n’est pas pour s’offrir du sur-mesure? Pourquoi voudrait-on imiter les tailles des marques de prêt-à-porter? Et pourquoi se laisserait-on complexer par des numéros 46 ou des lettres XL alors qu’on ne se coud même pas une étiquette au dos de nos fringues pour nous rappeler quel format on est? Profitons des bienfaits du sur-mesure.

 

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Le côté très intéressant de ma petite expérience est que je n’ai pas revu mon amie entre la prise des mesures et l’essayage final. Donc seules mes mesures initiales me guidaient. Et j’ai trouvé, sans flagornerie aucune, que le patron TROP-TOP [Femme] nous invite particulièrement à penser ajustements, à ne pas négliger ce moment crucial où les quelques centimètres non ajoutés pourraient nous faire pleurer parce que le bras ne passe pas.

 

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Le tissu choisi pour cette version est un crêpe de polyester noir à pois blancs acheté dans une petite boutique de mon quartier (et là j’ouvre une parenthèse parce que j’ai complètement honte, mais j’ai découvert il y a quelques mois à peine que j’ai une boutique de tissus à prix très doux et aux imprimés plutôt dans mon style à 5 minutes 23 secondes à pied de chez moi. Sachant que j’habite ce quartier depuis depuis 6 ans… eh oui, la honte.) Je pense que le crêpe est tout indiqué pour ce style de vêtement, c’est fluide, confortable et ça ne se froisse pas. Les gens ne sont pas ben ben forts sur le repassage au Québec. Si j’avais offert une version en coton à mon amie, pas sûre qu’elle l’aurait portée.

J’ai utilisé la finition avec biais plutôt qu’avec parementure. Ça a globalement bien marché à part quelques microplissages, mais je pense que la parementure n’aurait pas été adaptée avec ce tissu. Six larges boutons de nacre ferment le dos.

Mon amie a vraiment aimé le résultat (et moi aussi, mais je connais l’univers d’Ivanne qui correspond tout à fait à mes gouts).  À mon retour de la séance photo, je me suis précipitée sur l’ordinateur pour écrire à Ivanne combien je trouvais que son patron fonctionnait bien sur des tailles plus. Et je me suis fait plaisir au passage, parce que j’adore coudre pour les autres (oui, ça semble altruiste, mais en vrai c’est égoïste, j’aime voir mes coutures et c’est plus facile de les regarder sur les autres que sur moi).

 

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Voilà!

 

 

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17 novembre 2014

||Interlude||–La minute tricot

Un billet  un peu spécial aujourd’hui.

  1. On ne parlera pas couture, mais tricot.
  2. Je ne suis pas l’auteure de la superbissime création que je vous présente.
  3. J’aimerais que, si vous commentez ce billet, tous vos commentaires soient adressés à Ghislaine, qui les lira certainement avec plaisir.

Voici Arabella. Modèle Brooklyn Tweed de la collection Wool People 7 (modèle dessiné par Ann McCauley).

Un modèle fait pour danser autour de la personne qui le porte (à ce sujet, l’interview de la designer est particulièrement inspirante). D’ailleurs, Arabella, ça commence comme arabesque et c’est comme ça que je me sens, tout en courbe.

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Pour la petite histoire, Ghislaine est ma collègue et nous partageons le même bureau. On a une certaine différence d’âge (du genre qu’elle pourrait être ma maman), mais nous avons rapidement développé une relation d’amitié grâce… aux aiguilles! Elle tricote, je couds. On trouve que les patrons français sont plus désignés et que les patrons américains sont plus techniques. On navigue sur les blogs pour trouver des modèles, des idées. On était faites pour s’entendre.

Elle n’avait jamais tricoté du BT, et comme je n’en avais entendu que du bien, je lui ai présenté leurs magnifiques catalogues. Quand le Wool People 7  est sorti, j’ai craqué sur Arabella. J’ai osé demander à Ghislaine si elle accepterait de me le tricoter. Et elle a accepté ce contrat de sous-traitance sans que je lui torde un bras! Ne me restait plus qu’à aller acheter la laine qui me plairait. Un petit tour à Effiloché avec Madame À l’autre bout du fil (qui s’y connait pas mal plus que moi en tricot!) et je remettais patron et pelotes (Folio, de chez Berroco, composée de 65% de superfine alpaca et 35% rayonne, coloris mount desert) entre les mains magiques de Ghislaine au début de l’été. Et voilà la merveille de pull que j’ai eu le plaisir de trouver sur mon bureau il y a quelques jours.

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Pour les photos portées… eh bien… il faut faire avec la bedaine qui pointe beaucoup, mais ce modèle sera tout aussi beau quand le ventre sera redevenu flasque plat en 2015.

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L’encolure, avec ses petites côtes torsadées, est à tomber.

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Je porte un chouette collier hibou, confectionné par Nathalie, des Chiffons de la sardine. Je pense à toi, mon amie.

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Tout est beau dans ce pull: les torsades, le jeu de lignes…

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…, la longueur, le drapé…

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…les fentes sur le côté.

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MERCI, Ghislaine. Tu as des doigts de fée. C’est bien la première fois que je porte un tricot d’adulte (autre qu’une écharpe) et j’ai du mal à le quitter tant je l’aime! C’est comme un grand doudou, léger et chaud à la fois.

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01 avril 2014

Me, myself…et mon fort

Deuxième billet de l’année avec de la couture femme. Je poursuis l’expérimentation des questions de bienaller, en vous montrant deux patrons que j’ai déjà cousus. Il s’agit de la jupe Chardon, de Deer & Doe et de la blouse Weekend Getaway, de Liesl + Co.

Les exigences initiales: 1) avoir une tenue mettable au boulot, 2) que la tenue en question soit minimalement composée d’une jupe, parce que ça fait depuis novembre que je n’ai pas porté de jupe (rapport à la météo, allez voir en fin de billet si ça vous chante) et 3) que la tenue requière un minimum d’achats (ici, je n’ai racheté qu’une bobine de fil et une fermeture à glissière invisible)–> j’ai des chutes et des coupons à utiliser.

Chardon, d’abord. Je l’avais faite en 40 l'été dernier, et je me suis plainte du fait qu’elle était trop serrée et qu’elle m’empêchait de respirer. Cette fois, j’ai utilisé un velours milleraie orange très foncé, tirant sur le rouge (qui ne contient pas d’élasthanne, mais qui s’étire un petit peu). Et c’est un chouia trop grand. Grrrrr.  Je peux vous assurer que je n’ai pas maigri du chouia en question, puisque j’ai toujours autant de peine à respirer dans ma Chardon estivale. Leçon apprise –> outre les mensurations prises soigneusement, ne jamais  oublier que l’élasticité du tissu joue un grand rôle dans le résultat final d’un vêtement ajusté. Et ne pas croire qu’élasticité va toujours avec élasthanne.

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La blouse Weekend Getaway, que j’avais taillée en 8 pour mon premier essai, a été taillée en 6 pour cette version-ci. Je trouve que la première flotte un peu trop autour de moi, donc en choisissant une taille en dessous, j’ai réduit un peu l’ampleur (qu’il faut tout de même conserver pour ce genre de modèle) et je trouve qu’elle me va mieux. Et j’ai revérifié mes mensurations, et je suis finalement plus proche du 6 que du 8. Je crois que je me mesure parfois un peu trop vite et/ou mal. La blouse est en voile de coton noir. Je voulais l’essayer dans un tissu fin, car je caresse l’envie de me la tailler en 100% liberty.

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Que dire à part que je suis encore une fois sous le charme de ce modèle, pour sa simplicité, sa modernité. C’est un super bon patron, sachant qu’on n’a pas tant de choix que ça en matière de hauts. Autant on regorge de patrons de robes, de vestes, de jupes, autant les patrons de hauts et de pantalons font défaut. Je trouve hyper gratifiant d’avoir sous la  main un patron comme celui-ci, qui se coud vite et bien (moins de 2 soirées de couture) et qui se conjugue facilement avec plusieurs tenues (je la porte avec un short ou avec un jean, et c’est très sympa aussi). Je trouve cette version d’une sobriété et d’un modernisme… un vrai coup de cœur.

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Je recommande chaudement à nos quatre nouvelles accros d’Oliver + S (Mme Reloux, Mme Quattre, Mme Grain de sel, Mme Lou and Jo) de plonger tête la première dans ce patron, vous ne serez pas déçues!

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En plus, elle se marie délicieusement avec l’un peu plus extravagante Chardon. Ça permet de sortir de l’association classique avec t-shirt près du corps.

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Finissons avec le bulletin météo. La neige s’est installée de façon durable sur notre beau Québec; cet hiver, plusieurs records de froid ont été battus. Avec la météo, on a deux choix: soit on se plaint, soit on vit avec. When life gives you lemons, make lemonade. Alors 90 % du mois de mars, j’en ai eu ras la casquette de l’hiver. Mais le 10 % restant… eh bien, je me suis amusée. Je vous présente notre fort des neiges, construit  un 23 mars, et gardé par le gardien du fort, qui porte une casquette gavroche faite-maison. Tadam!

Le fort et son gardien_travaillée

Making of…

Sous un soleil de plomb, on extrait des blocs de glace.

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On aménage une entrée un peu compliquée pour qu’aucun assaillant ne pénètre la forteresse.

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Et on finit notre œuvre en laissant une signature que seuls les anges peuvent comprendre.DSC_2165-ange

Rassurez-vous: les températures positives sont en train de revenir sur le Québec. Mais on l’aura mérité, notre printemps. Et pour reprendre les paroles si poétiques de Marie-France Bazzo à Radio Canada ce matin: «Le prochain flocon que je vois, je l’attaque au sèche-cheveux

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18 février 2014

où il sera question de résolution, de haut, de changement

Que je suis contente de vous retrouver!!! J’ai cru ne jamais revenir sur ce blog, que j’aime pourtant beaucoup, beaucoup. Je me suis connectée de temps en temps, pour voir si j’avais encore de la visite… j’ai même eu de nouveaux abonnés pendant les 3 derniers mois, malgré le vide intersidéral. Alors, merci de votre patience et de votre présence, je suis tellement heureuse de revenir sur la blogo.

J’ai dû m’absenter pour cause de grand changement: à la mi-novembre, nous sommes devenus propriétaires de notre chez-nous, à Montréal. Plus proche de l’école, plus proche du fleuve, moins proche de l’autoroute. Ouf! Mais nous avons acheté une vieillerie, et il y avait pas mal de trucs à faire avant que ce soit emménageable (d’ailleurs, j’ai un atelier de couture désormais, mais j’hésite à vous le montrer tant il est laid!). Et comme nous aimons décorer, bricoler, retaper, nous avons pris beaucoup des travaux sur nos épaules (et il en reste encore pas mal…). Ce qui fait que la machine à coudre a pris une pause forcée, de même que toute activité en lien avec la couture (genre, aller sur vos blogs, regarder les nouveautés patron ou tissu…) Mais me revoilà, pour de bon, j’espère!

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Pour recommencer l’année couture en beauté, je vous montre 2 hauts pour moi. Mes tenues du jour se suivent et se ressemblent: un pantalon noir ou gris, agrémenté d’un haut un tant soit peu joli, un peu coloré, mais pas trop, sans être guindé. Je porte très peu de chemisiers, parce que 1) je trouve que ça me vieillit et 2) je n’aime pas trop le repassage. Ça fait quelque temps que je cherche des patrons de haut pour femme, correspondant aux critères mentionnés ci-dessus.

J’ai connu plusieurs déceptions de couture femme dans la dernière année, principalement pour des raisons d’ajustement. Je pensais avoir une morphologie «normale» puisque je m’habillais dans des magasins «normaux», mais la couture pour femme m’a fait réaliser que prêt-à-porter féminin et couture féminine ne tirent pas les mêmes «cordes». J’ai lu beaucoup à ce sujet sur des blogs américains. Si ça vous intéresse, j’essaierai de mettre les liens ici si je les retrouve. Tout ça pour dire que j’ai pris de nouvelles (et bonnes) résolutions pour éviter les déceptions: à partir de maintenant, je fais des brouillons avant de passer au propre! En couture, on appelle cela «faire une toile».

Mais pour le premier modèle que je vous présente aujourd’hui, il ne s’agit pas tant d’une toile, car comme me le soulignait la créatrice de ce modèle (la weekend getaway blouse, de Liesl and co.), on ne peut pas réellement faire de toile avec un modèle non ajusté destiné à être coupé dans un tissu fluide et  dont le but est d’obtenir un tomber un peu flou.

Donc j’ai utilisé le tissu le plus cheap que j’ai pu trouver dans mon armoire. C’est un tissu «cadeau» de mon magasin de tissus (Fabricville), d’il y a plus de 5 ans (quand on achetait 1 m, on avait 2 m gratuits). Quand  j’ai commencé à coudre, je ne connaissais pas grand-chose aux matières. Ma mère m’avait tout de même dit que le 100% coton, il n’y a que ça de vrai. Bref, peut-être par esprit de contradiction, je me suis fait refourguer ce tissu 183% synthétique probablement destiné à imiter la soie. Mais c’est stupide d’offrir un coupon de ce genre à la débutante que j’étais, c’est intravaillable (même maintenant que je ne suis plus débutante, je peste).

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Ce qu’on obtient, avec ce patron, c’est un genre de blouse à la croisée d’un chemisier, au tomber un peu flou. Même si ça se voit à peine, on a deux pinces poitrines (pour mensuration de bonnet B). Si vous faites un bonnet plus grand, un pas-à-pas est fourni en début de patron pour l’adapter à votre poitrine.

Petit détail très cool (je trouve), c’est que le décolleté est fermé en toute fin de couture. Ce qui fait que vous pouvez allègrement faire des essais pour laisser votre gorge plus ou moins profondément découverte. Sans être une fille prude, j’aime être féminine, donc en dévoiler un peu, mais pas trop quand même (devant des classes presque entièrement remplies de jeunes femmes dans la vingtaine, je ne souhaite pas entrer en compétition ;-])

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Le haut se porte sorti du pantalon, ou rentré.

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J’ai eu énormément de compliments sur cette blouse depuis que je l’ai cousue. Et même si je pensais qu’elle ne serait qu’un brouillon, au bout du compte, je la porte régulièrement. C’est drôle, parce que je n’aimais pas ce tissu tant que ça, mais finalement, j’ai découvert une équation couturesque:

tissu bof bof +  patron qui lui convient -->bon résultat final.

Deuxième haut. Je n’ai pas fait dans l’original… il faut dire que la tentation de tester Plantain, patron gratuit (ô merci, Éléonore, quel cadeau incroyable que ce patron!) que tout le monde a cousu dans les dernières semaines, était grande! J’avais acheté au Fabricville un jersey de coton très épais (et très cher!) que je trouvais si beau et de si belle qualité que je me suis dit qu’il serait tout à fait boulot-compatible.DSC_2074_corrigé

Ce que j’ai aimé dans la couture de ce modèle: c’est facile et rapide à coudre, j’ai enfin sorti l’aiguille double que j’avais dans mon stock depuis 6 mois.  Aussi, on ne se le cachera pas… le fait que ce soit un t-shirt, qu’il n’y ait pas de pince et que ce soit en jersey évite la question des ajustements et des mauvaises surprises à l’essayage. Un petit conseil (la maniaque is back): bâtissez votre bande d’encolure avant de la coudre pour de bon, c’est plus facile pour rester droit ensuite.

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Des photos prises dans plusieurs pièces de ma nouvelle maison, je teste la lumière et je vous fais visiter par la même occasion ;)

Ce que j’aime du tomber du modèle: il est très féminin et dès lors qu’on choisit un beau tissu, on ne porte plus un simple t-shirt. Il est génial pour les petites poitrines, aussi. Il a un joli décolleté et je l’imagine déjà en encolure V.

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Avec le mur rouge en arrière, dans la salle à manger, couleur «cocotte Le Creuset», choisi par mon chéri, parce qu’il parait que le rouge dans une salle à manger, ça donne faim.

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Voilà, j’ai repris gout à la couture pour moi! Et il parait qu’un livre de couture pour femme (et homme) d’une certaine Ivanne Soufflet vient de sortir… hum hum…

Allez, je vous laisse avec une photo de la glissade de neige de cette année. À bientôt!

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23 août 2013

La figue et le raisin

Ce photoreportage en banlieue montréalaise est une gracieuseté de Amélie, photographe-amateure, auteure de ces clichés. Merci, Amélie! Je vous plante le décor: une petit rue mignonne bien verdurée à Saint-Bruno-de-Montarville. Un petit air de Wisteria Lane, deux wives, mais pas housewives, et loin d'être desperate. On vient de manger une crêpe, et on a bien chaud –> tenue un peu froissée ;-]

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Et dans ce décor, la robe dos nue que toute femme veut avoir dans sa garde- robe,  Belladone de Deer&Doe.

En chambray rouge (Fabricville) et biais en liberty (Ellie Ruth et l’autre… je ne sais pas, de toute façon, je ne les ai pas photographiés).

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Avec un sautoir de Nathalie, de son Épicerie de Sardine (j’adore les sardines, au barbecue, mais les colliers d’une sardine, c’est encore mieux). Un sautoir Western, parce que Montréal, c’est à l’ouest de Bordeaux, mais c’est aussi à la même latitude. Donc on s’aime (les sardines, les sautoirs, Nathalie, le bordeaux et Bordeaux).

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Alignement impec’ des trois coutures verticales, je m’y suis reprise 2 fois.

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Bon, je sais, ma poitrine est un peu basse, ou mes pinces sont un peu hautes. C’est comme le verre à moitié plein ou à moitié vide. Mais mes pinces ne font pas de petites poches au bout, comme montré dans ce tuto.

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Le dos… c’est la partie qui doit faire le show dans ce modèle. Dans mon cas, il fait le show, oui, mais pas tout à fait comme je voudrais… Quand je tiens mes épaules vers l’avant, ça va plutôt bien:

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Quand je mets mes épaules plutôt vers l’arrière, c’est vraiment moins beau.

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Quant au titre… oui, je suis mi-figue, mi-raisin avec Belladone.

Je suis figue

  • la découpe de la robe, hyper flatteuse pour les silhouettes des femmes;
  • la longueur de la jupe, qui fait de belles grandes jambes;
  • le losange dans le dos, quand il ne plisse pas.

    Je suis raisin

  • le fait que le corsage ne soit pas entièrement doublé, les finitions au biais à l’encolure et aux emmanchures n’ont jamais été mon truc, aussi joli le biais soit-il. Vous me direz que je n’avais qu’à le doubler, en suivant le tuto de Wildmary. Je me suis peut-être lancée trop vite dans ce projet.
  • C’est dans le livret d’instruction que je me suis rendu compte que j’aurai pu acheter et poser une fermeture éclair invisible.  Pourquoi n’était-ce pas recommandé sur la pochette?? Dire que j’ai hésité devant le rayon des fermetures….
  • Faire les ajustements pour que la découpe du dos soit jolie/symétrique/ajustée. J’ai bien choisi la taille préconisée, mes mensurations étant pile-poilcelles de la taille 40. Mais j’ai passé beaucoup de temps à modifier le dos, probablement parce que, outre la taille qu’on fait, il y a aussi une question de posture et de carrure des épaules (mesure qui n’est pas fournie au dos de la pochette, mais qui est aussi importante à mes yeux que celle de la taille). Sauf que quand on n’a pas de mannequin à la maison, et que c’est sûr soi-même qu’on fait les ajustements, aller s’autoépingler le dos est une vraie galère. Je remercie mon chéri d’avoir joué aux apprentis couturiers avec moi, ce n’était pas évident. Je peux bien me reprocher de ne pas avoir fait de toile, mais même si j’en avais cousu une, je n’aurais pas plus réussi à m’autoajuster dans le dos. Bref, je ne pense pas refaire une découpe au dos pour une version ultérieure, je pense bien m’en tenir à une simple version avec un dos tout simple, ce qui me conviendra tout aussi bien, parce que j’aime le devant, beaucoup, beaucoup.

    Mes conseils tout de même, si vous la réalisez sans faire de toile et que vous voulez éviter des épisodes fâcheux de découd-vite: 1) ne finissez pas l’encolure avec le biais à l’étape 1 du corsage, attendez à la toute fin et 2) posez votre fermeture-éclair avec un simple fil de bâti pour pouvoir faire l’essayage avant de la coudre définitivement.

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    Au bout du compte, tout de même, je l’aime bien, cette robe, je la vois comme un essai à transformer. Et puis, elle a été un prétexte pour que Amélie et moi nous amusions bien, dans les rues de la banlieue!

Posté par NanouQc à 20:49 - - Commentaires [33] - Permalien [#]
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