11 mars 2017

#février

Ma création pour le défi #jecoudsmagarderobecapsule2017 de février: un jean (ou des jeans, on peut dire les deux, même si au bout du compte on a bel et bien un seul vêtement). Je sais, ma publication est en mars, mais le jean était prêt le 28 février comme en font foi les photos sur IG. J'ai tardé à publier, parce que nous étions déconnectés du monde, en vacances dans une tente à -17°C (la bonne excuse :))

Pourquoi le jean, ou en fait, pourquoi pas? D'abord, le jean comme vêtement est ma bête noire depuis toujours. Il y avait un magasin, à Orléans, à l'entrée de la Place d'Arc (j'ai oublié son nom, si quelqu'un peut me rafraichir la mémoire...) dans lequel on ne vendait que des jeans. Il y en avait pour tous les gouts, toutes les coupes, toutes les couleurs, toutes les marques. Sans compter la diversité des tailles parce que telle marque est américaine, telle autre est expagnole, etc. Il fallait vraiment en essayer beaucoup avant de tomber sur le bon. Et je n'aime pas les cabines d'essayage (voir mon billet sur le maillot de bain pour rappel). Mon rêve était d'avoir un Levi's, j'avais mis tous les sous nécessaires de côté pour enfin avoir un 501. Mais, à l'essayage, misère! Quelle horreur, cette coupe ne convenait pas du tout à ma morphologie (pendant qu'elle allait si bien à celle de mes copines). Depuis, quand j'ai à acheter un jean, c'est un peu la panique, je repousse l'idée, jusqu'à ce que je n'en puisse plus de porter seulement des pantalons noirs. Mon dernier achat de jean date de 2011, et celui-ci a fini par trouer au genou, classique, en novembre 2016. Depuis, j'étais dans le déni. Non, je ne retournerai pas passer une heure ou plus dans des cabines d'essayage de plusieurs magasins, à finalement trouver le bon, mais, oups, il coute 250$, à en acheter un par dépit, finalement pas confortable après l'avoir porté deux heures. Donc l'idée m'est venue du jean comme couture, du jean sur-mesure, qui me ferait parfaitement, et juste à moi. Mon Levi's version Autant en emporte l'automne, non pas celui que tout le monde s'arracherait, mais celui qui serait MA seconde peau.

Est venu le moment du choix du patron. Je n'ai pas voulu trop me casser la tête, je possède le patron Jalie 2908 depuis deux ans, la pochette était encore intacte. Parenthèse sur le choix du patron. D'abord, peu de marques mettent dans leur gamme un patron de jean. Et c'est compréhensible, c'est un modèle long à coudre et plutôt technique, quand on pense à la braguette, à la ceinture et aux nombreuses surpiqures, sans compter que plusieurs machines à coudre ne sont pas assez robustes pour en coudre·. Les marques de patrons - on les comprend - veulent ratisser le plus large possible, elles feraient toutes faillite si elles vendaient uniquement des patrons de niveau intermédiaire-avancé! Le problème du patron Jalie, c'est la coupe de la jambe, qui est sérieusement démodée (mais cette coupe reviendra, patience, mon patron sera alors plus actuel que jamais), à la limite entre le bootcut et le patte d'éléphant. Il y avait bien Safran de Deer & Doe, dont la jambe est plus actuelle. Mais je suis complètement allergique à la taille haute sur un pantalon (que quelqu'un me réveille quand cette mode sera passée). Comme avec un patron ou l'autre, j'avais du travail de dessin à faire, je me suis dit que ce serait plus simple de redessiner la jambe du Jalie que de redessiner une taille basse à Safran. Il faut aussi dire que Jalie est une marque québécoise (achat local, on aime ça) qui existe depuis très longtemps et qui est reconnue pour ses patrons de grande qualité (explications, schémas, coupe). Ce sont des modèles très très de base pour la plupart, donc on peut s'amuser énormément avec la personnalisation. Et ce patron de jean a même reçu le prix du meilleur patron de pantalon en 2016 sur patternreview.com!

DSC_6978

DSC_6962

DSC_6969

DSC_6981

DSC_6998

Pour ce modèle, il est recommandé d'utiliser un denim ou un velours avec 20% d'élasticité. Qu'est-ce que j'en ai bavé pour trouver LE tissu pour ce projet! Des denims trop bleus (tu sais, le genre de bleu jean trop parfait, qui fait pas assez usé), des denims de la bonne couleur mais sans élasticité... J'ai fini par me rendre en ligne commander un denim Robert Kaufman parfaitement parfait, jusqu'à ce que je le mette dans mon panier et que je constate que mon jean allait presque me couter 100$ en tissu, patron, mercerie. Faut pas exagérer, il y a des limites à tout. Donc je me suis rendue dans le quartier montréalais soi disant nommé la cité de la mode (un quartier qui tarde à se revitaliser). Et après avoir arpenté plusieurs entrepôts de tissus (du choix, il n'en manque pas, mais il faut être patient et aimer fouiller), j'ai finalement trouvé mon bonheur chez Tonitex. Mon denim n'a que 10% d'élasticité, par contre. Ça a donc été un facteur important à considérer au moment du dessin de la jambe.

Je n'ai pas fait de toile, parce que je n'avais aucun tissu qui aurait pu s'approcher du tissu jean pour ce modèle. Mais, sans faire de toile, j'ai quand même procédé à des étapes qui s'apparentent à ça. Après avoir pris mes mensurations et identifié ma taille dans le tableau (taille U, c'est ce que j'aime chez Jalie, les tailles sont identifiées avec des lettres donc aucune chance de se complexer avec les tailles du commerce!!), j'ai recopié les pièces et je les ai superposées sur 3 paires de mes pantalons ayant une coupe et un tissu similaire. Ça m'a permis une première validation de la taille, certes aproximative, mais tout de même rassurante. J'ai ensuite entrepris de redessiner la jambe à partir du genou pour avoir une coupe droite. Je pensais au début faire une coupe regular de jeans. J'ai ensuite coupé mes pièces et commencé l'assemblage. On coud d'abord la fourche, puis les côtés. Après la couture de la fourche, j'ai voulu procéder à un premier essayage. J'ai épinglé les côtés non cousus. Quelle erreur! Je me suis littéralement arraché des bouts de peau de cuisse à l'essayage. Mais ça m'a permis de réaliser que j'allais trop vite et pas méthodiquement dans mon ajustement. J'ai donc bâti les côtés pour un essayage moins violent. J'ai constaté que la coupe droite de la jambe ne me plaisait pas tant que ça, que je préférais une coupe slim (cuisse moulante et mollet moulant, mais droit).  Ça m'a aussi permis de vérifier que, malgré le 10% d'élasticité, le jean s'enfilait très bien (c'était ma plus grande crainte, mais j'étais tombé sur le blog d'une couturière anglophone qui l'avait cousu avec succès dans un denim 0% d'élasticité). J'ai mis des marques un peu partout à la craie tailleur. Et je suis retournée bâtir à la machine. J'ai dû procéder à pas mal d'aller-retour machine-essayage-craie tailleur-fil de bâti. C'est pour ça que je considère avoir à peu près fait une toile, même si ce n'est pas la façon conventionnelle de procéder.

Le reste des étapes est allé comme sur des roulettes, hormis le fait que j'ai réussi à tordre et/ou casser 3 aiguilles jeans dans le processus de couture et de surpiqure de la ceinture et des passants (à certains endroits, ça représente 6 couches de denim...) Ma machine à coudre est assez robuste pour coudre ce genre de choses, ce sont donc les aiguilles qui ont souffert à sa place.

DSC_6997

Les + du patron: Absolument tous les détails qui font qu'un jean est un jean sont là. Il y a les surpiqures, les coutures couchées au bon endroit, la braguette. À mesure que je cousais, je comparais mon jean à un autre du commerce en réalisant à quel point le résultat en serait proche. Et il l'est! J'ai choisi carrément d'utiliser le point triple pour toutes les surpiqures, pour qu'elles soient bien apparentes. Et le résultat est bluffant.

DSC_6980

Les - du patron: On ne nous dit jamais quand finir les coutures. Mon expérience me permet de me passer de ce genre d'indication, mais, dans la précipitation, j'ai omis de faire une belle finition à mes poches devant :( J'ai trouvé un seul défaut au patron: la ceinture. Elle est coupée dans le biais, pour plus de confort, j'imagine. J'ai regardé sur mes jeans du commerce et ce n'est pas ce qu'on fait habituellement. Je trouve que ça enlève de la tenue à la ceinture et qu'elle aurait été de toute façon de la bonne longueur sans être coupée dans le biais.

DSC_7008

Vous remarquerez probablement que la braguette n'est pas parfaitement parfaite et qu'on aperçoit le petit curseur. C'est mon erreur, je m'en suis rendu compte trop tard, elle était déjà assemblée.

Bilan: je suis ravie-ravie de ce vêtement. Je trouve que, sur le plan de ma progression personnelle de couturière, cette couture m'a permis d'aller vraiment plus loin.  Les robes et les jupes, c'est bien, mais ça fait toujours travailler les mêmes parties de l'anatomie (buste et taille, parfois hanches). Ici, j'ai géré l'entrejambe, les cuisses et les mollets! Le denim est un tissu qui se travaille très bien (hormis sur les épaisseurs). Il ne bouge pas pendant la couture, donc si toutes les pièces  sont bien coupées au départ, elles s'emboitent à la perfection. Au total, mon jean sur-mesure m'aura couté 31$. J'ai mis 4 étoiles pour le confort, à cause de la ceinture qui se détend (donc port d'une ceinture quasi-obligatoire). Pour la portabilité, c'est 5/5, car quoi de plus portable qu'un jean bien taillé et dans les teintes foncés? Avec un t-shirt le weekend ou avec un chemisier et une veste au travail, c'est un morceua terriblement polyvalent.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Posté par NanouQc à 15:17 - - Commentaires [22] - Permalien [#]
Tags : , , ,


04 janvier 2017

Motivation extrinsèque

2016 est finie, c’est le temps du bilan créatif et, plus généralement, du bilan de ce blog.

9 billets de blog en 2016, 4 modèles féminins et 5 modèles enfants, c’est peu, j’ai déjà été plus productive. J’ai bien cousu d’autres modèles, mais je ne les ai pas présentés (une série de 1001 Perles de Ivanne. S et la robe Karri de Megan Nielsen, notamment). Je ne visite plus trop les blogs des autres, je comprends que le mien soit peu visité aussi, au moment de la publication des billets. Étrangement, mon blog reçoit encore beaucoup de visites, la plupart arrivant chez moi par Pinterest ou Google images. Quand je sais que mes tutos ont été épinglés des milliers de fois (pas trop fan des stats, mais celle-ci m’impressionne, parce qu’elle me dit que mon blog continue de vivre sans moi: Internet est décidément une drôle de bestiole sur laquelle on n’a pas le contrôle.)

Je salue chaleureusement toutes les personnes encore abonnées au blog, et tout particulièrement mes 22 nouveaux (nouvelles?) abonnés de 2016.

Comme j’aime peu Instagram comme médium pour présenter la couture, je tiens à faire vivre mon blog. Il demeure pour moi le meilleur moyen de garder une trace de ce que j’ai fait (motivation intrinsèque) et de rester en contact-couture avec une certaine communauté (motivation extrinsèque).

Ma motivation intrinsèque étant encore bien vivante, c’est la motivation extrinsèque qu’il me faut aller chercher. J’ai donc décidé de participer au défi lancé par Clotilde, consistant à coudre 12 patrons sur les 12 mois de 2017 (cliquer sur l’image ci-dessous pour le billet original de Clotilde). Pour moi qui n’ai quasiment jamais participé à un défi du temps où ça existait encore… quelle ironie!

jecoudsmagarderobecapsule_icone

Pour réussir ce défi, il faut respecter les critères suivants:

image

Clotilde mentionne quand même la possibilité d’une certaine souplesse, et c’est ce qui me décide à participer à ce projet. J’ai déjà décidé que je ne ferai que 10 morceaux et qu’il n’y aura donc pas de modèles présentés en juillet et en aout. J’ai trop d’engagements familiaux pour ces deux mois, ce ne serait pas raisonnable d’y ajouter de la couture.

Voilà en quelques phrases ma démarche de choix de modèles. J’ai choisi les modèles en fonction de mon degré de confiance par rapport au modèle à coudre: pas de grosse prise de risque, toutes les marques choisies sont des marques que je connais autant pour leur façon de tailler que pour la clarté des explications. Vous verrez qu’il n’y a pas vraiment de nouvelles marques dans mes choix. Je ne possède pas tous les patrons que je propose, il faudra que j’en achète 4 si je veux respecter mon tableau. Ça ne me dérange pas tant dans la mesure où je n’ai acheté qu’un nouveau patron en 2016. Pour ce qui est des tissus, je vais avoir à faire quelques achats. Je n’ai par exemple pas les tissus pour le manteau, la veste et pour le pantalon (jean stretch idéalement). Mais comme je ne stocke pas beaucoup de tissus, c’était attendu.

Voici donc ma liste de 10 patrons pour 10 mois de 2017:


JANVIER: un haut en jersey

patrons envisagés: Trop-top d’Ivanne.S, Plantain de Deer & Doe ou  le Sointu kimono tee de Named (affichés respectivement ci-dessous)

imageimageimage


FÉVRIER : un pantalon

patron envisagé: le 2908 de Jalie (avec modification de la jambe)


MARS: un manteau

patron envisagé: le B6423 de Lisette, pour Butterick


AVRIL: une chemise

patron envisagé: la chemise Granville de Sewaholic


MAI: une jupe

patrons envisagés: 1001 Perles d’Ivanne.S avec pose d’une fermeture éclair au lieu d’un élastique au dos, ou toute autre jupe du livre japonais Skirt à la carte.


JUIN: un short

patron envisagé: le souvenir shorts de Lisette, pour Simplicity (discontinué).


SEPTEMBRE: un haut chaine et trame

patrons envisagés: la blouse weekend getaway  ou la tunique gallery de Liesl and co.


OCTOBRE: une veste

patron envisagé: la Pavot de Deer and Doe.


NOVEMBRE: un vêtement de sport

patrons envisagés: la collection Vancouver de Sewaholic


DÉCEMBRE: une robe

patrons envisagés: je prendrai l’année pour choisir le modèle, je porte si peu de robes que je connais peu les patrons. Mais j’aimerais bien une robe en jersey noire, toute simple, qui peut s’accessoiriser facilement pour des looks très différents.


Pendant ce défi, je prendrai aussi en note autant que possible les couts engendrés par la production de cette garde-robe 2017, ainsi que la quantité de fois que j’ai le potentiel de porter chaque vêtement en fonction du contexte (travail, vacances, mou du weekend, sorties). Ça me permettra de voir combien d’argent j’ai dépensé en fonction de mes besoins. Pour tout dire, je ne suis même pas sure d’ajouter en temps normal 10 vêtements à ma garde-robe par année (j’exclus les chaussettes et les sous-vêtements, ainsi que les chaussures). Si je ne me trompe pas, j’ai acheté une blouse, une jupe-culotte et un chandail en 2016. Si j’ajoute les 6 coutures que j’ai faites en 2016, j’arrive à 9 nouveaux morceaux dans ma garde-robe en 2016.

Je dépense très peu en vêtements par année parce que je porte très longtemps mes vêtements, que ce soit ceux du prêt-à-porter ou ceux que je couds. Je fais attention à l’entretien, je fais sécher à l’air libre le plus souvent, je choisis aussi des marques un peu plus chères, mais qui utilisent des matériaux de plus grande qualité, et je répare les vêtements au moins une fois avant de m’en débarrasser pour de bon. J’avais lu que pour justifier son existence, un vêtement devait être porté au moins 40 fois (je ne me souviens plus du nombre exact, je l’avais lu dans La bible du shopping intelligent de Laurence Bareil).

Voilà! J’aurai certainement d’autres réflexions à partager ici, à mesure que le défi se déroulera. Merci de me soutenir et de me pousser dans le dos: vous êtes ma motivation extrinsèque!

Enregistrer

Posté par NanouQc à 21:39 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : ,

25 février 2016

douceur et féminité

C’est l’histoire d’une fille qui voulait se coudre une blouse Camas de Thread Theory. Il s’agit d’une jolie marque canadienne de patrons pour hommes. Je n’en suis pas encore cliente (pourtant, ils ont de beaux vêtements masculins et des mannequins pas mal du tout). Mais ça viendra surement. La créatrice de la marque avait dessiné ce modèle de blouse (qui n’est pas une bonne traduction, je trouve, mais je ne saurais lui donner un autre nom) lors de ses études à l’école de désign où elle a appris à concevoir des patrons. C’est le seul modèle femme de la marque. J’espère que d’autres sont à venir.

DSC_5689

J’ai profité du sewalong de la blouse de la fin janvier-début février pour me lancer dans la couture de ce modèle, dont je possédais le patron depuis quelques mois. C’était mon premier sewalong et je ne voyais pas très bien l’intérêt de la chose, mais j’en ai compris toute la pertinence en y participant. Outre le fait que c’est toujours bien de composer avec un échéancier, ça permet de se poser simultanément toutes les questions qui nous traversent l’esprit durant la confection ( choix du tissu, de la taille, les étapes plus compliquées à détailler) – et d’avoir la réponse sans tarder.

DSC_5673

Il est recommandé de coudre la blouse (au moins les manches) en jersey, car c’est un modèle ajusté. J’ai utilisé un jersey de coton/bambou très très doux, combiné à un petit reste de liberty fairford pour les épaules (qui peuvent être cousues dans n’importe quelle sorte de tissus).

Cette version se voulait une toile portable, dans la mesure où j’avais au départ bien envie de la tester dans un tissu chaine et trame plutôt que dans un tricot. Mais la créatrice prévient bien que ce choix peut être risqué, car le modèle est ajusté et on pourrait ressentir de l’inconfort aux bras notamment, dans la partie du biceps. Donc je me suis lancée dans un jersey pour ma première réalisation du modèle. Pas sure que je vais vouloir le faire en chaine et trame, finalement. Je suis attachée à mon confort.

DSC_5712

Pendant le sewalong, on nous expliquait comment modifier le modèle si on trouvait le décolleté trop plongeant. Je n’ai pas touché à l’encolure pour cette version et le plongeant du décolleté est conforme à ce que je m’autorise.

DSC_5700

J’aurais aimé avoir une meilleure vue du dos à vous montrer, mais, comme je suis mon propre photographe, c’est le mieux que j’ai pu obtenir. L’empiècement dos est aussi en liberty fairford. Le bas du dos est froncé, ce qui ajoute encore à l’aisance et à la féminité du modèle.

DSC_5711

Globalement, le modèle est facile à coudre si on a déjà l’habitude de coudre des mailles. Je trouve que les explications sont bien faites et claires. Mais quelqu’un qui n’a jamais cousu de maille sera peut-être déçu de ne pas trouver de recommandations pour la coudre (nulle mention de l’aiguille double pour l’ourlet, par exemple). Les finitions proposées sont propres, mais ça pourrait encore aller plus loin.

Les mensurations sont bonnes. J’ai pris exactement la taille que mes mensurations de poitrine donnaient et c’est ce qu’il fallait. J’aurais aimé avoir la mesure d’épaules, parce que c’est souvent là que les patrons me posent problème (mes épaules sont plus larges que la moyenne), mais il n’y avait pas d’indications à ce sujet dans le tableau du vêtement fini. Au bout du compte, je pense que les épaules sont plutôt bonnes pour ma carrure, mais j’ajouterais peut-être quelques millimètres pour une prochaine version.

DSC_5702

La patte de boutonnage est clairement la partie la plus technique du patron. Pleine de confiance, je me suis lancée à la coudre avec juste un épinglage, j’ai dû m’y reprendre en la bâtissant à la main pour éviter que le jersey ne tiraille de partout. Ça faisait longtemps que je n’avais pas bâti à la main. Pour celles qui se lanceraient dans ce modèle, sachez qu’on trouve un montage alternatif de la patte sur le site de la marque (dans le sewalong), si la technique proposée dans le patron est plus difficile.

Je n’ai pas fait de boutonnières et j’ai fermé la blouse en cousant directement les boutons. La blouse s’enfile très bien, comme un t-shirt. Je craignais de rater mes boutonnières, car la patte était très épaisse (deux épaisseurs + un entoilage).

DSC_5698

La touche mode: je trouve que ce haut se porte très bien, rentré dans un pantalon taille haute. C’est ainsi que je l’ai porté pour aller travailler l’autre jour (pantalon noir confectionné au Canada, de la marque Tristan. Je le mentionne parce que c’est assez rare d’avoir encore de la couture locale). C’est un look un peu rétro que j’aime bien.

DSC_5671

DSC_5674

Sinon, je l’aime beaucoup flottant sur un jean slim. Dans les deux cas, ça donne un haut assez féminin et délicat, sans toutefois avoir la formalité du chemisier. Formalité que j’ai plus de mal à assumer, parce que je ne travaille pas dans un milieu avec un dress code.

DSC_5713

DSC_5694

Question confort, c’est parfait. Je suis vraiment bien dedans, je l’ai déjà porté trois fois. Il est très bien accueilli dans ma garde-robe, car il va avec tout. Bref, un coup de cœur que je recommande! Il y a une version cardigan et une version robe cousus dans le cadre du sewalong qui me font les yeux doux.

 

 

Posté par NanouQc à 20:54 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags : , , ,

11 avril 2015

A, b, c, …d?

Les mamans couturières auront certainement toutes croisé en mars la sortie du patron TROP-TOP d’Ivanne.S (et visiblement pas juste les mamans couturières, parce qu’on aimerait toutes avoir un TROP-TOP dans notre garde-robe, voire des dizaines.)

Et ça, c’est la pose TROP-TOP (c’est-à-dire la pose de la jeune fille ravie de son nouveau top et la pose prise par la mère éblouie par le charme du nouveau top).

DSC_4388

Rarement patron n’aura été aussi bienvenu dans une patronthèque. Je ne sais pas si c’est pareil chez vous, mais ici, les petits hauts ont la vie dure. Marques de crayon  (supposément lavables, mais pas toujours), taches de gras ou de sauce tomate, usure aux coudes. Tout cela sans oublier le fait que les matières dont sont faits les vêtements du commerce connaissent souvent une déformation prématurée, soit parce qu’ils n’ont pas été coupés dans le droit fil, soit parce que l’élasticité du tricot est mauvaise, soit parce que la fibre lâche dès le premier passage à la machine…

J’ai des patrons de t-shirt et de blouses dans ma patronthèque, mais c’est la première fois que j’ai un patron aussi polyvalent. Je ne sais pas si Ivanne se reconnaitra dans mes propos, mais je vois un peu la démarche créative qui l’avait habitée lors de ses multiples détournements du patron Oslo/Galway de C’est dimanche, un des premiers patrons indépendants que nous avons eus entre les mains.

Donc à partir de cette base qu’est TROP-TOP [kimono], sky being the limit, j’ai cousu en 8 ans: un t-shirt à manches longues à col bénitier, une blouse d’été à manches courtes et un pull pour l’entre-saison.

Le pull est la version A du patron, à encolure relevée. Dans un tricot biface de Fabricville  (un côté rayé et un côté gris, déjà utilisé ici et ) que j’adore parce que facile à coudre et pour un super effet. Les rayures sont aussi assez larges pour que le raccord se fasse bien.

DSC_4415

DSC_4420

L’encolure étant très large, cette version aime la superposition (ici avec un petit chemisier blanc du commerce, mais ça aurait pu être joli par-dessus un autre TROP-TOP ou une blouse Capella).

DSC_4422

DSC_4432

DSC_4406

DSC_4436

DSC_4408

DSC_4402

La blouse est la version B du patron. Elle est boutonnée dans le dos et a l’option revers de manches. J’ai ajouté l’option «col devant» et «col dos», en insérant un passepoil plat.

J’ai eu un plaisir fou à coudre cette version. On dirait qu’Ivanne a trouvé l’équilibre parfait entre l’originalité, la patte qui la caractérise, et la portabilité du modèle. Les finitions sont magnifiques, quand on prend la peine de faire chaque Finition +. J’aurais pu prendre des photos des détails, mais croyez-moi, rien n’est laissé au hasard. Du genre que ce sera difficile de justifier l’achat de hauts dans le commerce à l’avenir parce que pas grand-chose n’arrive à la cheville de ça!

DSC_4382

Ce col, ah, ce col! J’aurais dû m’y prendre autrement pour obtenir un col parfait, mais j’ai mal réfléchi à mon affaire. Les deux défauts de mon col sont que 1) le passepoil plat ne fait pas tout à fait la même largeur à la jonction de l’épaule et 2) je ne pense pas qu’il soit possible de faire un angle droit avec un passepoil plat, ce qui est un peu disgracieux dans le dos. Dans une version future, je couperai les cols devant et dos en un seul morceau (tout l’avantage d’avoir un patron sans marges de couture) et je stopperai le passepoil avant la pointe dos.

DSC_4278

DSC_4396

DSC_4377

Je suis particulièrement désolée de ne pas pouvoir vous donner le nom de ce tissu si frais. Tout ce que je sais, c’est que c’est un tissu de designer américain et que je l’ai acheté chez Effiloché. J’ai jeté la facture sur laquelle son joli petit nom était écrit.

DSC_4399

DSC_4389

Le t-shirt est la version C du patron, encolure bénitier, avec l’option manches longues.

DSC_4355

DSC_4360

Mon choix de matière au départ n’étant pas nécessairement correct par rapport à ce qui est préconisé (cf. p.29 dans les instructions du patron), le col bénitier tombait plutôt mal, comme un col roulé quasiment. Il est cousu dans une chute de jersey 100% coton que j’avais utilisé pour coudreun polo à son papa. Ce jersey n’est pas assez lourd pour réaliser le tombant.

DSC_3989

Qu’à cela ne tienne! J’ai effectué un correctif en le « pinçant » avec un biais de liberty capel turquoise (assorti à la finition intérieure, que je n’ai pas photographiée) tenu par un gros bouton de nacre. Ce t-shirt est devenu un chouchou de ma fille qui l’a déjà pas mal porté. Je l’ai cousu en «7 ans», c’est-à-dire que j’ai tracé un compromis entre le 6 et le 8 ans, mais ça affectait plus la longueur du corps et des manches que la largeur du modèle.

DSC_4363

 

DSC_4365

Le 2e t-shirt est la version D du patron… nahhnn, je rigole, il n’y a pas de version D dans le pack de TROP-TOP. La version D, c’est mon prototype de t-shirt à encolure bateau, à partir de la version A. Je vous en reparle dès que j’en suis satisfaite (si je réussis à en être satisfaite)!

À bientôt!

Posté par NanouQc à 22:18 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags : , , ,

16 mars 2014

Bathilde, boulangère médiévale

Aujourd’hui, on voyage dans le temps, voulez-vous?

Voici Bathilde, la boulangère tout droit arrivée du Moyen âge.

DSC_2242_total

Bathilde est très occupée: au château, il faut qu’elle prépare un 1 kg de pain par personne, par jour, car le pain est à la base de l’alimentation. On coupe de larges tranches de ces miches en guise d’assiettes.

DSC_2191_panier

Bathilde porte un petit chapon sur la tête pour ne pas laisser tomber ses cheveux dorés dans le pain.

DSC_2203_profil

DSC_2186_profil

Bathilde est très pieuse.

DSC_2231_prière

Bathilde a besoin d’aide pour qu’on lui attache sa robe dans le dos.

DSC_2248_laçage dos

Quand elle livre le pain chaque matin au château, Bathilde n’oublie pas de faire une révérence si elle croise le seigneur ou sa dame.

DSC_2219_révérence

Bathilde la boulangère porte une tenue médiévale, cousue par sa vieille mère (parce qu’une femme dans la trentaine, au Moyen âge, c’est une vieillarde). Robe et tunique de Rapunzel (Contes de fées intemporels), coiffure inspirée du béguin du petit chaperon rouge, du même livre.

En matériaux récup’ d’un peu partout, mon objectif était de ne pas dépenser un écu pour ce costume (le livre a été emprunté à la bibliothèque, c’est pour dire). La tunique a été redécoupée dans une chemise Nouvelle-France de mon bienaimé, qui a travaillé un été dans un resto attrape-touriste (entendre ici, attrape-Français) du Vieux-Montréal. Les rubans proviennent de l’emballage de la buche de Noël. Les autres tissus arrivent de mes diverses chutes.

Merci à mon amie Laura pour son pain, fait maison, qui apparait sur les photos.

DSC_2201_totale

Maintenant, le pourquoi du costume… on revient au 21e siècle.

Mon ainée fréquente une école qui suit le programme international, ce qui va terriblement bien avec son tempérament de curieuse/chercheuse/touche-à-tout/explore-tout. Le principe de cette école, c’est que les élèves vivent six modules de recherche par année (en plus des devoirs du programme normal). On a eu un module de recherche sur les animaux de compagnie (pas ma tasse de thé…) ou sur les cinq sens, par exemple.

DSC_2190_pain et panier

Depuis la fin du mois de février, le module de recherche porte sur « le temps des rois et des reines » (période vaste et qui ne veut rien dire, historiquement parlant, mais qui est bien suffisante pour des enfants de grande section de maternelle). L’objectif de ce module est, entre autres, de découvrir combien l’organisation médiévale diffère de celle d’aujourd’hui. Alors chaque enfant est invité à se fabriquer une identité médiévale et à se trouver un rôle au château. Ma fille a choisi d’être une boulangère, et son prénom sera Bathilde, parce que ça signifie audacieuse en germanique, ce qui lui va très bien.

DSC_2200_miettes

Et ce fut de loin le module de recherche dans lequel j’ai eu le plus envie de m’investir. La semaine prochaine, Bathilde participera à un grand banquet costumé avec ses amis forgeron, nourrice, palefrenier, ainsi qu’avec la dame et le seigneur! En attendant, elle a du pain sur la planche (hé hé, elle était facile, celle-là).

Posté par NanouQc à 13:39 - - Commentaires [39] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,


17 août 2013

la rentrée des classes, part two

Toujours dans mes préparatifs scolaires, c’est la « boîte à lunch » qui est l’honneur aujourd’hui. Quèsaco, pour mes lectrices de France? À Montréal – et dans la plupart des villes du Québec, si j’ai bien compris – les écoles primaires n’ont pas de cantine. Quand l’enfant a des parents qui travaillent, la seule possibilité est alors de fournir chaque jour un repas, que l’on range dans une boîte à lunch.

Autant vous dire que c’est ce que je trouve le plus effrayant de cette première rentrée scolaire. Vous imaginez: c’est comme préparer 5 pique-niques par semaine… Mais comme je ne peux pas donner 5 sandwichs à ma grande sous peine d’une écœurantite rapide assurée, il faut que je cogite sur les divers plats que je lui glisserai chaque matin avant de la laisser à la porte de l’école. J’ai déjà commencé à préparer des plats que je congèle en petites portions au fur et à mesure. Mais bon, on n’est pas sur un blog culinaire ici, alors je vous épargnerai les photos de ma lasagne aux légumes grillés et du chili aux légumes de saison.

Alors aujourd’hui, je vous présente des coutures très accessoires, mais ô combien pratiques. Je ne sais pas encore si elle voudra les utiliser, parce que ce ne sont pas des accessoires que l’on trouve habituellement dans la salle à manger de l’école (d’après un rapide sondage que j’ai fait auprès de mamans plus expérimentées que moi). Alors j’ai choisi mes tissus préférés. Et si elle n’ose dégainer ses accessoires devant les amis, je les garderai pour moi. C’est dit.

Voici l’étui à couverts/set de table. Il est très fortement copié de quelques idées que j’avais pinnées ici.

DSC_0445

Mais ça reste un patron perso, avec ma petite touche bien pensée.

Un rabat en liberty Wiltshire pour empêcher les couverts de se faire la malle.

DSC_0421

DSC_0419

Une pochette à couverts, avec 3 compartiments (on attendra un peu encore pour le couteau).

DSC_0399

DSC_0392

Un emplacement pour le verre (en vrai, ce sera une petite gourde en plastique).

DSC_0429

DSC_0396

Des rubans très longs pour fermer l'étui/set de table, pratiques quand on ne sait pas trop encore comment faire les nœuds avec des boucles…

DSC_0397

Côté face: assortiment de tissus France Duval-Stalla.

DSC_0435

De dos, liberty + tissu Grains de maïs (vente ponctuelle).

DSC_0426

Et pour essuyer la bouche, j’ai cousu deux serviettes de table rapidement. Je ne me voyais pas glisser une serviette en papier tous les jours, ma grande ayant été traitée aux couches lavables et tutti quanti. Je ne voulais pas non plus lui mettre un bavoir pour avoir l’air d’un (grand) bébé. Donc de petites serviettes carrées feront très bien le travail.

DSC_0473

Chacune a sa petite broderie, pour maintenir les deux épaisseurs.

DSC_0450

Au cours de l’année, j’ajouterai certainement des petites pochettes à sandwich comme celles-ci ou celles-là.   Et je coudrai probablement d’autres serviettes de table. Mais on ira, une étape à la fois, selon les envies de ma grande, dans ce nouvel univers que nous apprivoiserons dans 1 semaine et demie.

 

J'édite ce message (29 septembre 2013) pour vous offrir le tuto pour réaliser votre propre napperon de voyage. Bon, ça ne casse pas 3 pattes à un canard, mais ça peut être utile. Si l'envie vous prend de vouloir écouler des chutes de tissu, c'est un projet tout à fait adapté! N'hésitez pas non plus à vous en servir pour toute vente solidaire (comme Bik Nok ou autres). Je demande simplement de ne pas vous en servir à des fins commerciales.

Napperon_de_voyage_Tuto

Posté par NanouQc à 21:48 - - Commentaires [25] - Permalien [#]
Tags : ,

02 août 2013

la rentrée des classes, part one

Bon, bon, bon. Allez, je vous explique. Comme la majorité de mes lectrices arrive de France, juste une mise en contexte. Au Québec – et plus largement en Amérique du Nord –, les enfants n’entrent pas à l’école à 3 ans. Non. Ils y vont pour la première fois à l’âge de 5 ans révolus, au 30 septembre de l’année en cours. Ce qui fait que la jolie grande fleur que vous voyez mûrir depuis quelques années sur ce blog, la jolie grande fleur entre à l’école cette année, à 5 ans et 3/4. Cette première année, ce sera son unique année de maternelle avant d’entrer au primaire.

Là où la rentrée s’annonce émotive à bien des points de vue, c’est que:

1] c’est mon aînée, celle qui me fait découvrir la parentalité;

2] pour elle, c’est sa première expérience scolaire;

3] pour moi aussi, c’est ma première expérience scolaire… au Québec. Ben oui, ça paraît bête à dire ou à souligner,comme une évidence qu’il n’est pas poli de pointer, mais je n’ai pas grandi ici, et l’école fonctionne différemment d’en France. Ici, pas de cantine –> boîte à lunch tous les midis. Ici, l’école finit tôt –> service de garde pour finir l’après-midi, en attendant que papa ou maman arrive.

Alors j’entame une micro série de billets qui sont autant pour elle que pour moi notre préparation à cette rentrée des classes.

Je commence avec…

le sac de sport!

Pourquoi le sac de sport? Pour deux raisons: au départ, j’avais prévu de faire la trousse à crayons et peut-être même le sac d’école. MAIS, maIs, mAis… les consignes étaient strictes: c’est une boîte en plastique qui doit être utilisée pour ranger les crayons. La maîtresse venait de me voler mon petit plaisir de couturière en ne m’autorisant pas la jolie trousse :-[ Passons. L’autre raison, c’est que la liste disait que pour le sport, il fallait «un sac en tissus». TissuS, avec un S. Soit il s’agit d’une faute d’orthographe (ce qui est impossible, on s’entend), soit il s’agit d’un défi que la maîtresse nous lance, à nous parents, de fournir un sac fait de tissus combinés. C’est cette dernière explication, la plus logique à mes yeux, qui a retenu mon attention.

Donc le sac de sport. Il a 5 tissus différents. Mission accomplie, c’est un sac en tissuS.

DSC_0008

Ce sac est construit à partir du drawstring bag du livre Little things to sew de Oliver + S. J’ai agrandi le modèle de 6 cm en largeur et de 14 cm en hauteur.  J’ai aussi cousu une poche à soufflet à l’intérieur, fermée par un bouton, pour y glisser les chaussures. J’ai ajouté des petites sangles à la base du sac pour qu’il puisse se porter comme un sac à dos, ou même, en bandoulière.

DSC_0087

DSC_0100

Par ordre d’apparition des cinq tissus:

tissu 1: jean foncé donné par Grand-Maman

DSC_9986

tissu 2 : jean plus clair donné aussi par Grand-Maman

DSC_0015

tissu 3 : cerises vertes sur fond crème, de Cosmo Cricket, acheté à Effiloché

DSC_0038

tissu 4: popeline gris stretch du Fabricville, pour la doublure

DSC_0057

tissu 5 : velours milleraies rouge cramoisi, aussi du Fabricville, pour la poche à chaussures

DSC_0051

Bouton de ma collec' vintage.

DSC_0060

DSC_0061

Sur le devant du sac, je me suis lancée dans l’expérience du «papier transfert», pour marquer le nom de la propriétaire. J’ai utilisé une police Scrabble, téléchargeableICI. Un immense merci à Carole de m'avoir accueillie chez elle pour l'imprimer, je n'ai pas d'imprimante jet d'encre à la maison! Pour préserver l'anonymat de ma puce, je ne vous montrerai que quelques lettres de son nom, de proche… Mais vous pouvez me croire sur parole, c’est très réussi.

DSC_0032

DSC_0046

Et dans le sac de sport, on met quoi? Des baskets, un t-shirt et un short! Eh ben, j’ai cousu le short, parce que j’avais un beau coupon de coton ouaté bleu marine (cadeau de Grand-Maman, encore). C’est le modèle d du livre japonais Oshama girl cute clothes (référence 270, chez les JCA). J’ai un peu honte de vous le montrer, c’est tellement une couture facile/rapide/zéro effort. Le sac était un autre défi ;-]

Vous voyez bien que je ne me suis pas foulée: des broderies roses pour faire fille, même pas de finitions à l’intérieur, parce que ça ne s’effiloche pas...

DSC_0076

... et des brillants bling-bling en cerise (CréaPecam, merci ma sœur) pour le côté «non non, c’est pas ma mère qui l’a fait».

DSC_0072

Voilà pour la première partie des «affaires de rentrée».

Je vous reviens bientôt, avec ma Belladone terminée. J’ai quelques ajustements à faire au dos encore, et comme ce n’est pas évident de se voir/de s’autoajuster pour cette partie, ça me prend du temps.

Posté par NanouQc à 16:40 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

17 juillet 2013

En pincer pour elles

Aujourd’hui, petit cours pour réaliser des pinces parfaites. Si vous googlez (ou googlisez pour les Françaises, si j’ai bien suivi la dernière mise à jour du Petit Larousse 2014) des tutos pour coudre les pinces, vous allez voir qu’il n’en manque pas sur la Toile. Alors pourquoi faire un énième tuto à ce sujet? Eh bien après avoir cousu plusieurs patrons d’origines différentes, j’ai récupéré dans chacun des astuces qu’il me semble pratique de mettre en commun dans un seul et même tuto, assorti de mes propres astuces. Il est très important de bien positionner ses pinces, car ce sont elles qui font passer le tissu, matériau en 2 dimensions à un vêtement en 3 dimensions, qui épouse votre corps. Et si vous voulez sourire un peu [et comprendre l’importance de la réussite des pinces], quand j’ai débuté la couture, j’ai mal positionné les pinces sur un vêtement, ce qui a fait que j’avais clairement l’air d’avoir un sein 5 cm plus haut que l’autre…

Ce tuto ne concerne pas le patronage, je NE parlerai PAS des modifications de position des pinces (plus haut ou plus bas), ni de l’agrandissement ou du rétrécissement de la pince, selon votre bonnet. C’est simplement un tuto pour coudre de jolies pinces.

*********************************************************************

Les illustrations d’aujourd’hui sont faites à partir de la robe Belladonede Deer&Doe, patron qui regroupe à lui seul 8 pinces.

Commençons par la première étape: le report des marques de pince.

IMPORTANT: on reporte toujours les pinces sur l’envers du tissu.

Je vous présente 2 techniques (mais il en existe d’autres, notamment celle du poinçon/alène). La première consiste à acheter une petite roulette (comme celle présentée ci dessous) et du papier carbone à votre mercerie. Vous placez votre feuille de papier carbone entre le tissu et le patron et vous reportez ainsi les marques qu’il y a à reporter. Cette solution est pratique, nette et précise, en particulier pour les pinces de taille (qui sont en losange). Elle permet aussi de reporter les marques sur les deux épaisseurs de tissu en même temps ==>parfait pour la couturière pressée. Elle coûte un peu cher en matériel, mais votre feuille de papier carbone est réutilisable plusieurs fois.

bamboo notions tracing wheel (blunt)

Ma technique est à peine plus longue et requiert des outils que toute couturière doit normalement avoir, c’est-à-dire une règle et une craie tailleur/crayon à encre soluble. Une fois que vous avez découpé les pièces de votre patron, attachez deux-trois épingles le long de l’un des côtés de la pince. Détachez toutes les autres épingles qui sont sur le bord de votre pièce.

DSC_9872

Pliez ensuite votre patron sur la ligne du côté que vous venez d’épingler.

DSC_9881

Avec votre règle et votre craie tailleur, tracez la ligne en suivant le pli du papier.

DSC_9886

DSC_9891

Dépliez votre papier et pliez cette fois-ci sur l’autre ligne. Tracez de la même façon votre deuxième ligne de pince.

DSC_9894

Voilà, votre pince est tracée (et parfaitement identique à celle sur papier)!

DSC_9901

La seconde étape consiste à former la pince. Vous allez peut-être me trouver hyper maniaque , mais qu’importe ;-] On s’en va à la planche à repasser, avec une épingle. Là, on plie la pince endroit contre endroit de manière à ce que les deux lignes que l’on vient de tracer soit parfaitement superposées. Mon astuce pour vérifier que les deux lignes sont bien alignées consiste à piquer une épingle dans une des lignes et à vérifier que de l’autre côté l’épingle suit bien l’autre ligne.

Épingle placée sur l’endroit, qui suit la ligne.

DSC_9848

Épingle mal placée sur l’envers –> pince mal formée

DSC_9851

Épingle bien placée sur l’envers –> pince bien formée

DSC_9849

Une fois que vous êtes satisfaite de votre pince, donnez-lui un bon coup de fer à repasser et maintenez-la avec deux ou trois épingles, perpendiculaires à la pliure.

DSC_9853

À la troisième étape, nous procédons à la couture de la pince. Pour ce faire, on commence TOUJOURS par la base du triangle; jamais, jamais, jamais par la pointe. Donc on commence notre couture avec un aller-retour sur la base du triangle et on suit tranquillement la ligne que l’on a tracée.

DSC_9855

Quand on arrive à la pointe, on ne fait PAS d’aller-retour avec la machine: on laisse pendre les fils de la bobine et de la canette. Pour les besoins de l’illustration, mon fil de bobine est rouge et mon fil de canette est beige.

DSC_9857

On prend nos deux fils et on fait 3-4 nœuds simples pour terminer la couture. Cette technique permet d’éviter que de petites poches n’apparaissent au bout de la pince.

DSC_9859

Pour fins de comparaison, regardons la jolie pince sans petite poche, réalisée avec la technique des 3-4 petits nœuds (en rouge) et celle d’une chemise du commerce de mon Monsieur (en marron), réalisée avec la technique de l’aller-retour à la pointe. Y’a pas photo!

DSC_9863DSC_9911

Pour terminer, on donne un coup de fer à la pince pour bien lui donner sa forme (notez que le pli de la pince poitrine va toujours vers le bas).

Alors, à vos pinces!

Posté par NanouQc à 12:38 - - Commentaires [36] - Permalien [#]
Tags :

23 juillet 2012

La SOUS-PIQÛRE, ou comment faciliter le retournement

Voici le premier billet d’une petite série que je nourrirai au fur et à mesure, selon le temps dont je dispose.  Dans cette rubrique «technique», je vous présenterai quelques astuces qu’on ne trouve pas toujours dans les patrons, et que je n’ai pas trouvées ailleurs, en français, sur la Toile. Quand je couds, j’ajoute souvent des étapes aux instructions originales, ces étapes me permettant d’avoir, immédiatement ou à long terme, des finitions impeccables. J’espère que ça vous rendra service autant qu’à moi!

****************************************************

Aujourd’hui, je vous présente la technique de la sous-piqûre.C’est une technique qu’on utilise lorsqu’on coud une parmenture/une ceinture/un biais. Vous la connaissez peut-être déjà si vous avez  remarqué, en observant dans vos jupes ou pantalons du commerce, une piqûre qui apparaît dans le haut de la ceinture sur l’envers, mais pas sur l’endroit.

Alors, pourquoi met-on cette piqûre? Elle présente deux avantages:

  • elle vous aide lors du retournement de votre parementure/ceinture;
  • elle maintient le tissu de la parementure/ceinture, lavage après lavage, bien à l’intérieur. 

Habituellement, quand on veut des coutures nettes, on les ouvre au fer. Vous avez sûrement déjà constaté, surtout avec une parementure arrondie, qu’il est difficile de la retourner impeccablement, justement à cause de l’arrondi. On se brûle les doigts au fer ou bien on laisse apparaître de la parementure. La photo ci-dessous présente une Oslo de C’est dimanche, faite avant que j’utilise la technique de la sous-piqûre. On voit bien que la parementure (en coton chocolat) a tendance à vouloir aller vers l’extérieur, malgré le repassage à pleine vapeur.

DSC_6672

Pour éviter ce désagrément, je vous recommande de faire une sous-piqûre,une toute petite étape de rien du tout qui fait toute la différence. D’abord, vous cousez normalement votre parmenture, comme demandé dans les instructions de montage de votre patron. Les photos ci-dessous illustrent une Galway de C’est dimanche.

DSC_6653

Une fois que votre parementure est assemblée au vêtement, vous pouvez réduire la marge de couture ou la cranter, selon ce qui est recommandé (ici, je l’ai réduite à 0,5 cm). Puis, vous ouvrez à la main (pas besoin du fer à repasser) la couture que vous venez de faire, de sorte que la marge de couture va se superposer à la parementure (ici, la marge de couture est rabattue à gauche sur la parementure). Il ne vous reste plus qu’à faire une simple couture au point droit qui prend ensemble la parementure et la marge de couture, le long de la couture d’assemblage.

DSC_6655

Coudre ensemble la parementure et la marge de couture a pour effet de « contrarier » la parementure et de l’attirer irrésistiblement vers l’intérieur. Sur l’endroit, on voit bien que la couture restera invisible et qu’elle n’est présente que sur l’envers. Notez que cette couture n’a pas besoin d’être parfaitement droite, à 3 mm de l’autre couture, par exemple. Ce qui est important, c’est que la parementure soit assemblée à la marge de couture.

DSC_6661

On reprend ensuite les explications du patron, en retournant la parementure sur l’envers au fer à repasser. Normalement, vous devriez remarquer que le repassage est 10 fois plus facile et que le bord obtenu est on ne peut plus net.

Sur l’endroit, aucune piqûre apparente…

DSC_6662

… sur l’envers, la sous-piqûre.

DSC_6663

Si le patron vous demande de fixer la parmenture par quelques points discrets, c’est le moment de le faire. Et vous voilà avec une parementure très nette, très propre, qui ne vous embêtera plus jamais, lavage après lavage, au moment du repassage.

Notez que je n’ai présenté dans ce billet que la sous-piqûre pour une parementure de col. Mais vous pourriez vouloir faire une sous-piqûre en cousant une ceinture (je l’ai fait dernièrement avec la jupe Piccadilly de p&m). Elle peut aussi vous être très utile dans le cas où vous posez un biais, par exemple en faisant un ourlet rapporté (comme dans les modèles de Grains de couture).

J’espère que cette technique vous sera utile, donnez-m’en des nouvelles!

Posté par NanouQc à 09:42 - - Commentaires [76] - Permalien [#]
Tags :

17 mars 2012

Le sac du cocher

Aujourd’hui, je reviens avec un presque mini projet de rien du tout, pas du tout le projet que j’avais au départ d’où le titre. En bref, je planche depuis janvier sur une vareuse de cocher, pour moi. Tant que je n’aurai pas réussi, je vous laisse sur votre faim, vous ne saurez pas ce qu’est une vareuse de cocher. Vous ne pouvez pas savoir combien je peste contre moi-même, mes multiples erreurs, mes multiples ratés: on dirait qu’une vilaine fée s’est penchée sur ma machine à coudre pour être sûre que les maigres heures que j’ai pour coudre m’enragent. Ça y est, j’ai un projet-boulet, il fallait bien que ça m’arrive un jour.

Alors pour virer la vilaine fée, j’ai pensé qu’un petit quelque chose pour moi me ferait le plus grand bien, histoire d’oublier ces déconvenues couturesques. Et comme la mode est aux besaces, et que je craque tout autant sur celles tout liberty de Thaïs et Tibère que sur celle plus sobre de Froufrou et capucine, j’ai décidé que c’était mon tour de me gâter.

DSC_5480

Pour le patron, j’ai choisi le messenger bag taille large du livre Little things to sew (Oliver + s), que je ne présente plus. Un chouette modèle qui inclut une grande poche, et tout plein de petites poches, pour mettre tout et rien. Rien à dire sur ce patron, ni sur le montage, mis à part que j’ai développé de la corne sur les doigts, en bâtissant à la main mon biais au travers les 4 épaisseurs au minimum, 8 au maximum.

DSC_5449

Pour les tissus: le fameux liberty Wiltshire rouge (La Droguerie) qui couvre le devant, le dos et les rabats de poches, ainsi qu’un petit biais sur les côtés; une gabardine de coton kaki (Fabricville) pour la doublure et le fond du sac; du biais bleu nuit pour le tour (c’est dommage, les photos ne lui rendent pas justice, à ce biais, qui a beaucoup plus de gris que de bleu) et des attaches pour régler la bandoulière (Fabricville aussi).

DSC_5433

DSC_5432

Petit bouton purement décoratif, une étoile avec un M (pour maman?), dénichée chez Rix Rax.

La forme courbée en haut du panneau de côté est en fait un soufflet qui permet que le sac soit complètement fermé une fois le devant rabattu. Très ingénieux.

DSC_5443

Ce que vous ne voyez pas, c’est «l’entoilage» dont j’ai usé pour tonifier la besace (rien de moins réjouissant qu’un sac mou-mou qui n’a pas de tenue). J’ai coupé dans le restant de la toile de peintre qui avait servi de fond au théâtre de marionnettes.

Et c’est avec cette même toile de peintre que j’ai fait la bandoulière. Comme Mamoizelle K, j’ai utilisé la technique du tissu vieilli à la teinture au thé noir. Je trouvais que la version blanche faisait style qu’elle n’avait pas vécu… un petit bain dans un thé noir aux fraises des bois lui a donné cette jolie patine. Ce n’est encore une fois pas très visible sur les photos… bon.

DSC_5429

DSC_5468

DSC_5459

DSC_5483

Si je vous montre le contenu de ma besace, vous comprenez ce qui dévore mon temps ?

Posté par NanouQc à 15:13 - - Commentaires [35] - Permalien [#]
Tags : , , ,